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18 juillet 2009

La femme en vert d'Arnaldur Indridason

Sur un chantier de construction à Reykjavík dans le quartier de Thushold des ossements sont mis au jour. Le squelette est selon les premières constatations vieux d’au moins une cinquantaine d’années. Et la question qui se pose évidemment est : de qui peut-il donc bien s’agir ? Serait-ce la fiancée d’un certain Benjamin, riche commerçant ? Tout le monde racontait à l’époque qu’elle s’était suicidée en se jetant dans la mer. Mais peut-être que finalement la vérité est toute autre. Ou bien serait-ce un de ces soldats américains vivant sur la base militaire pendant la seconde guerre mondiale ? Et qui donc est cette mystérieuse femme en vert qui vient se recueillir près des groseilliers. C’est ce que va tenter de découvrir l’inspecteur Erlendur et ses co-équipiers Elinborg et Sigurdur Oli. Cependant, en déterrant ce corps, il va également exhumer tout un passé, non seulement celui de cet endroit mais aussi malheureusement le sien.

Tout le talent d’Arnaldur Indridason réside justement dans cette manière de faire remonter doucement à la surface les souvenirs et les souffrances psychologiques des personnages au fur et à mesure que les archéologues enlèvent délicatement les couches de terre autour du cadavre. Ce qui est prodigieux aussi, c’est sa façon de jongler constamment avec le présent et le passé sans que ces allers retours ne gênent la compréhension de l’histoire. Et l’enquête actuellement menée va ainsi progressivement rejoindre le récit que fait en parallèle l’auteur sur cette famille qui a vécu là pendant la seconde guerre mondiale. Evidemment on se doute bien dès le départ que tout est étroitement lié et on se prend alors à spéculer sur le dénouement éventuel.
L’écriture d’Indridason est parfois d’une dureté et d’une noirceur saisissante mais en même temps d’un incroyable réalisme. J’y ai été très sensible notamment lorsqu’il décrit le calvaire physique et surtout moral que subit cette femme à travers des actes de violence conjugale ou encore la descente aux enfers de la fille d’Erlendur et sa plongée dans le coma qui va raviver chez lui le souvenir de la mort accidentelle de son frère enfant. Au-delà de l’intrigue policière qui m’a beaucoup plu, j’ai trouvé que c’était un livre vraiment très poignant et qu’Arnaldur Indridason avait l’art de creuser l’âme humaine au plus profond.

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Publié chez Points policier (N°1598) en 2007
Titre original : Graforpögn
Traduit de l'islandais par Eric Boury
Code ISBN : 9782757803172

6 commentaires:

  1. Totalement daccord avec toi!

    aBeiLLe

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  2. D'accord avec toi. Arnaldur Indridason a un crayon qui sait non seulement tisser sa toile énigmatique mais aussi nous faire découvrir un peu d'Islande et de vent frais venu du nord...
    J'ai d'ailleurs eu l'occasion de voir le film "La cité des Jarres" tiré d'un de ses livres, que je te conseille : je le trouvais très intéressant. Et comme c'est un réalisateur Islandais qui l'a adapté, je pense que c'est assez proche de la réalité islandaise...

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  3. Je n'ai pas vu le film "La cité des jarres" mais je viens de terminer le livre que j'ai bien aimé aussi.

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  4. une vraie réussite ce polar :)

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  5. Ah les polars du Nord : une belle découverte. Et notamment cet auteur.

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  6. Je suis heureuse de constater que je ne suis pas la seule à apprécier cet auteur ... si jamais, tu trouveras les critiques d'autres de ses romans sur mon blog, notamment l'excellent "Homme du lac" :)

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