Bonjour et bienvenue sur mon blog littéraire. Vous y trouverez mes lectures. En espérant que certaines vous donnent envie... N'hésitez pas à laisser un commentaire...
Retrouvez-moi aussi sur Bouquin Mystère mon autre blog.

28 août 2009

Des souris et des hommes de John Steinbeck

George et Lenny se rendent dans un ranch où ils ont trouvé du travail. George, c’est le plus petit des deux et la tête pensante. Lenny, lui, est un géant à la force incommensurable. En soi, ce n’est pas un mauvais bougre seulement un simple d’esprit qui n’a donc pas toujours conscience des actes qu’il commet. Alors, forcément, il attire les ennuis et George et lui sont toujours obligés de fuir. Le rêve de ces deux hommes, c’est de s’offrir une ferme et d’élever des lapins - Lenny adore les lapins -. Mais pour concrétiser leur projet, ils ont besoin d’argent et ce nouvel emploi d’ouvrier agricole est une aubaine. Là-bas, ils vont y faire la connaissance de Candy, un vieil homme à qui il manque un bras et qui est tout juste bon à balayer ; de Crooks, un palefrenier noir qui loge à l’écart de ses compagnons blancs ; de Curley, le fils du patron marié à une jolie femme provocante qui aurait aimé devenir actrice. Et puis un jour… c’est le drame et tout bascule.

Le roman « Des souris et des hommes » se situe juste après la Grande Dépression des années 30. C’est avec des mots tout simples, sans fioriture que Steinbeck évoque cette Amérique rurale pauvre et qu’il nous dresse une galerie de portraits de personnages plus paumés les uns que les autres. C’est vrai qu’ils ont tous l’air pathétique dans leur misérable vie, que j’ai eu envie de m’apitoyer sur leur sort mais quelque part, je me suis senti attendrie, touchée et je me suis mise à rêver avec eux, à espérer jusqu’à cet évènement tragique qui nous ramène cruellement à la réalité et cette fin si bouleversante que je ne pouvais être qu’émue aux larmes. Ce que j’ai aussi particulièrement apprécié dans ce court roman c’est cette façon qu’a l’auteur d’aborder des thèmes comme le racisme, la différence, l’amitié tout en nuances, sous-entendus ou non-dits.

*******

Publié chez Folio (N°37) en 1993
Titre original : Of mice and men
Traduit de l'anglais par M-E Coindreau
Code ISBN : 9782070360376

24 août 2009

Le chant des corbeaux de Erin Hart

Alors qu’ils récoltaient de la tourbe près du Lough Derg au sud du comté de Galway, des fermiers vont faire une macabre découverte : la tête décapitée d’une jeune femme en parfait état de conservation. Se pose alors la question de savoir qui est cette mystérieuse rousse aux longs cheveux. Cormac McGuire, archéologue, assisté par la charmante pathologiste Nora Gavin, est chargé de superviser l’excavation et l’inspecteur Garett Devaney de mener l’enquête. Celle-ci va s’avérer plutôt difficile car la tourbe a malheureusement la propriété d’empêcher la décomposition et nul ne peut donc dire précisément depuis combien de temps la tête repose là. Seul indice une bague en or finement ciselée dans laquelle est sertie une pierre rouge. Bien entendu tout de suite on songe à la disparition soudaine et inexpliquée de Mina Osborne et de son fils Christopher il y a deux ans. Se pourrait-il que ce soit elle ?

Tout de suite j’ai été envoûtée par l’atmosphère si particulière qui se dégage de ce roman. Les descriptions y sont en effet vraiment magnifiques. Elles nous transportent non seulement au cœur de cette Irlande traditionnelle avec sa musique celtique, ses reels aux rythmes endiablés, son folklore, ses pubs enfumés où la bière coule à flots mais aussi dans cette Irlande, terre de légendes et de mystères aux odeurs acides de tourbe dans les petits matins brumeux dont l’histoire est chargée de tourments et de fantômes prêts à surgir du passé. L’intrigue policière, quant à elle, est relativement bien menée et vous tient en haleine jusqu’à la fin. Les personnages, eux, sont plutôt sympathiques et attachants. Bref, Erin Hart signe ici un superbe premier roman.

*******

Publié chez Pocket (N°12072) en 2005
Titre original : Haunted ground
Traduit de l'anglais par Frédéric Grellier et Armelle Grellier
Code ISBN : 9782266138062

Site de l'auteur : http://www.erinhart.com/

Accueil

23 août 2009

Rien ne vaut la douceur du foyer de Mary Higgins Clark

Célia, mère d’un petit garçon de 4 ans vient de se remarier avec Alex Nolan. Celui-ci, en guise de cadeau d’anniversaire, lui offre une magnifique maison à Mendham. Seulement voilà, il se trouve qu’un drame horrible a eu lieu dans cette demeure, il y a 24 ans : Liza, une petite fille de 10 ans a accidentellement tiré sur sa mère et depuis, la maison a mauvaise réputation. D’ailleurs, à peine ont-ils emménagé que des actes de vandalisme sont perpétrés.
Cependant, si Célia semble si choquée, c’est qu’en réalité, elle n’est autre que cette petite fille qui a malencontreusement tué sa mère. Alors évidement, comment faire comprendre à son mari que son cadeau ne lui fait pas plaisir sans devoir lui révéler ce lourd secret qu’elle garde depuis si longtemps et qu’elle n’a jamais osé lui avouer. Il y a bien une solution pour parer à cela, c’est d’exiger que l’agent immobilier lui trouve une autre maison. Malheureusement, celle-ci est assassinée puis c’est au tour d’un jardinier. Très vite Célia est suspectée. L’étau se resserre sur elle de plus en plus sans compter que quelqu’un semble connaître sa véritable identité. Mais comment donc parviendra-t-elle à s’en sortir ?

Côté personnages et histoire, pas beaucoup d’originalité. Une fois de plus nous avons affaire à une jolie jeune femme qui a tout pour réussir dans la vie (une belle situation professionnelle, un mari, un enfant adorable…) et qui se retrouve soudain confrontée à un pan de son passé qu’elle croyait définitivement enterré. Pour les inconditionnels, il peut donc y avoir comme un air de déjà lu. Ceci dit, je retiendrai que, dans l’ensemble, c’est plutôt un bon thriller car côté suspense, il n’y a rien à dire. Mary Higgings Clark excelle toujours en la matière. Elle sait faire monter la tension à son extrême, couper l’histoire juste quand il le faut c’est-à-dire au moment précis où… on allait découvrir que… Bref, jusqu’au bout elle sait nous tenir en haleine. D’ailleurs, la fin est très surprenante et franchement jamais je n’aurais pu songer un seul instant que le coupable était…

*******

Publié chez Le livre de poche (N°37183) en 2006
Titre original : No place like home
Traduit de l'américain par Anne Damour
Code ISBN : 9782253116356

Site de l'auteur : http://www.m-higgins-clark.com/

Accueil

18 août 2009

Rien ne va plus de Douglas Kennedy

Comment vous résumer l’histoire ? Je pourrais tout simplement recopier la 4ème de couverture et faire comme si j’avais écrit moi-même le texte. Oui mais certains me diront : « N’est-ce pas illégal ? » En effet, s’approprier un texte qui n’est pas le sien est ni plus ni moins que du plagiat. Et c’est ce qui va arriver au personnage principal du livre. David Armitage a du attendre une dizaine d’années avant qu’un de ses scénarios soit enfin adapté à la télé. La série « Vous êtes à vendre » connaît alors un véritable succès et il se voit propulser en haut des sommets de Hollywood de façon fulgurante. Mais sa chute n’en sera que plus spectaculaire. Un jour, un journaliste de troisième zone l’accuse en effet d’avoir fait quelques emprunts. Pour David, cela ne semble pas si grave. Ce n’est qu’une phrase par ici, un bon mot par là et puis les scénarios en question n’ont jamais été produits. Néanmoins toute cette histoire va prendre une telle proportion et jeter un tel discrédit sur lui que tout le monde va finir par l’abandonner et qu’il va devenir du jour au lendemain persona non grata. Heureusement, après s’être retiré bien loin de toute cette agitation et grâce au soutien indéfectible de son agent Allison, David va réussir à remonter tout doucement la pente.

L’ascension glorieusement foudroyante et quelque part justifiée d’un type qui a galéré pendant des années puis sa magistralement vertigineuse descente aux enfers avec évidemment l’incontournable retournement de situation à la fin sont les composantes essentielles de cette histoire. Bref, Douglas Kennedy nous ressort ici tous les bons vieux clichés qui ont construit le mythe du rêve américain. A cela vous ajoutez en fond un zeste de manipulation – là, on frôle presque la théorie du complot - et une critique plutôt acerbe du monde si superficiellement flamboyant d’Hollywood. La recette peut sembler éculée mais elle fonctionne plutôt bien car j’ai trouvé le livre somme toute très agréable à lire au point qu’une fois que je l’ai eu commencé, je ne l’ai plus lâché. L’intrigue est en effet, à mon avis, suffisamment riche en rebondissements pour la rendre haletante et dynamique jusqu’au bout. Quant au style de Douglas Kennedy, il est très limpide, percutant. Pour résumer en un mot : efficace.

*******

Publié chez Pocket (N°11971) en 2004
Titre original : Losing it
Traduit de l'américain par Bernard Cohen
Code ISBN : 9782266133999

15 août 2009

Ensemble c’est tout de Anna Gavalda

Camille vit sous les toits d’un immeuble parisien, dans une chambre de bonne mal chauffée. Un jour, alors qu’elle est malade, elle est recueillie par un voisin, Philibert Marquet de la Durbellière, un aristocrate bègue, féru d’histoire qui vend des cartes postales. L’arrivée impromptue de cette jeune femme anorexique de 27 ans n’est malheureusement pas du goût de son colocataire. Franck est certes un excellent cuisinier mais surtout un grossier et rustre personnage qui ne s’intéresse qu’aux filles et aux motos. Et puis, il a déjà suffisamment assez de problèmes avec sa grand-mère Paulette qu’il a été contraint de placer dans un établissement spécialisé. La cohabitation est donc, dans un premier temps quelque peu difficile car avant de se rencontrer, chacun se complaisait à mener une existence centrée essentiellement sur sa propre personne. Mais finalement, avec le temps, ces quatre-là (Paulette va venir elle aussi s’installer chez Philibert), vont apprendre à se supporter, s’entraider, partager et surtout réapprendre à vivre. C’est ainsi, par exemple, que Camille va quitter son travail de femme de ménage, retrouver l’appétit, recommencer à dessiner et … Je ne vous raconterai pas évidemment la fin mais vous la devinerez assez vite.

C’est avec un langage tout simple, une tendresse infinie qu’Anna Galvada nous croque cette chronique douce-amère. L’air de rien, elle réussit à évoquer des sujets graves comme la difficulté de vieillir, le poids de la solitude ou encore l’anorexie (Jamais elle ne prononce le mot d’ailleurs). Et en même temps, c’est aussi très léger, truffé de bons sentiments. Certains détesteront sûrement. Moi-même, je l’avoue, ne suis pas très friande de ce genre de guimauve et pourtant, je me suis laissée agréablement entraîner par cette histoire, peut-être justement parce qu’Anna Gavalda a su ne pas sombrer dans l’excès de mièvrerie ou de mélo. Un roman tellement plaisant à lire qu’il flotte comme un parfum de bonheur, une fois qu’on l’a refermé

*******

Publié chez J'ai lu (N°7834) en 2005
Code ISBN : 9782290343715

10 août 2009

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu

Mathias, la trentaine, est extrêmement affecté par la disparition de sa mère. Comment surmonter cette peine ? Comment combler ce vide qui s’instaure peu à peu ? Comment accepter que l’être aimé ne sera plus jamais là ? Heureusement, en sortant de l’hôpital, sur le parking, il fait la connaissance d’un géant de 4,5 mètres prénommé Jack et expert en « ombrologie ». Celui-ci, à travers un voyage au pays des morts, va l’accompagner dans cette difficile épreuve, l’aider à soulager sa terrible souffrance et à faire ainsi son deuil.

Matthias Malzieu, pour ceux qui ne le connaissent pas, est le chanteur complètement survolté de Dionysos. Appréciant tout particulièrement ce groupe, c’est donc tout naturellement que je me suis procuré cet ouvrage. Cependant, étant donné le thème abordé, à savoir la perte d’un parent proche, j’appréhendais quelque peu ma lecture. J’avais peur que ce soit triste, larmoyant, que l’auteur s’apitoie sempiternellement sur son sort. D’ailleurs, j’ai longtemps hésité avant d’ouvrir le livre et de m’y plonger. Je trouvais toujours une excuse pour repousser à croire qu’inconsciemment je craignais sans doute d’affronter la mort. C’est dire à quel point dans notre civilisation, la mort est vraiment un sujet tabou ancré au plus profond de nous-même. Et puis, une fois lancée, je me suis laissé agréablement emporter par l’univers onirique, poétique et décalé de Mathias Malzieu que l’on trouvait déjà dans ses différentes chansons. Ce texte court, merveilleux conte initiatique, où l’auteur relate sa douloureuse expérience et qui, soit dit en passant, fait beaucoup penser aux œuvres de Tim Burton, de Lewis Carroll ou encore de Roald Dahl, vous aide finalement à considérer la mort autrement.
Je conseille évidemment de le lire avec en fond sonore « Giant Jack » disponible sur l’album « Monsters in love ».

*******

Publié chez J'ai lu (N°8136) en 2006
Code ISBN : 9782290350386

5 août 2009

Courir avec des ciseaux d'Augusten Burroughs

Augusten a 12 ans lorsque ses parents divorcent. Son père est prof de maths et alcoolique, sa mère qui écrit des poèmes est psychologiquement fragile. D’ailleurs après avoir enchaîné plusieurs crises psychotiques, celle-ci est contrainte de confier son fils au docteur Finch, son psy. Mais au lieu de se retrouver dans un foyer parfaitement sain et équilibré, Augusten va être plongé au milieu de personnages pour le moins très pittoresques pour ne pas dire étranges. Tout d’abord, le docteur lui-même. Il a – il faut l’avouer - une conception de la médecine très particulière et plutôt contraire à l’éthique et la déontologie. Quant au reste de la famille... Jugez vous-même ! Agnès, son épouse, mange des croquettes pour animaux. Hope une des filles aînées, qui travaille avec lui au cabinet médical, détermine ce que sera l’avenir juste en ouvrant au hasard une page de la Bible tandis qu’il fait la même chose avec ses excréments. Nathalie, avec qui Augusten va tout de suite se lier d’amitié, n’a que 13 ans et a déjà vécu une expérience conjugale avec un de ses patients. Et Neil Bookman, ancien malade qu’il a adopté, va entretenir avec Augusten une liaison plutôt tumultueuse. Enfin je ne vous parle pas du taudis dans lequel tout ce beau monde vit. La poussière s’entasse sur les meubles comme le linge sur le sol ou la vaisselle dans l’évier.

Augusten Burroughs affirme s’être largement inspiré de sa propre enfance pour écrire ce livre. Je consens que cela a été d’abord assez difficile pour moi de croire que tout ce qui y était raconté lui était vraiment arrivé tellement la vie de cet auteur semble riche en péripéties. Qui pourrait bien avoir en effet vécu autant de choses à un si jeune âge, en si peu de temps et surtout des scènes aussi invraisemblablement surréalistes ou désespérément tragiques ? Ainsi le passage où le docteur Finch lit l’avenir dans ses propres déjections fécales est sans conteste d’une jubilatoire hilarité. En revanche, lorsque Augusten évoque sans tabou sa relation intime avec Neil, un adulte, le lecteur peut être choqué voire écœuré tellement l’écriture est brute, les mots sont crus. Bien entendu ce serait dommage que de réduire le livre à ces quelques pages dérangeantes. Moi-même, j’admets m’être sentie un peu mal à l’aise en les parcourant mais en même temps le reste de l’ouvrage m’a beaucoup fait rire.

*******

Publié chez 10/18 (N°3955) en 2006
Titre original : Running with scissors
Traduit de l'américain par Christine Barbaste
Code ISBN : 97822640433788

Dans le genre famille déjantée je vous conseille : Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland

2 août 2009

Danse avec l'ange de Ake Edwardson

Goteborg, deuxième ville suédoise, n’échappe pas à la recrudescence de la violence. Un jeune étudiant anglais vient d’être sauvagement assassiné dans une chambre d’hôtel. A des milliers de kilomètres de là, à Londres, c’est au tour d’un jeune suédois de subir le même sort. Les deux meurtres se ressemblent étonnamment : les victimes sont retrouvées attachées sur une chaise, ont été torturées avant de mourir et la trace laissée par un pied de caméra laisse supposer qu’ils ont été filmés. Erik Winter, qui, à 37 ans, est le plus jeune commissaire de son pays, est chargé de mener l’enquête. Il pense évidemment tout de suite au monde sordide de la pornographie et des snuffmovies, ces vidéos de meurtres tournées en direct. Grâce à son équipe et une étroite collaboration avec Steve MacDonald, son homologue britannique, il va tenter de découvrir quel esprit pervers peut bien se cacher derrière tout cela.

Ake Edwardson nous entraîne dans les bas-fonds infâmes de la société suédoise, bien loin donc des clichés habituels si idylliques. C’est avec une extrême concision et une grande rigueur qu’il va dérouler progressivement, méthodiquement son enquête en n’hésitant pas à disséquer dans les moindres détails les doutes existentiels et les tourments psychologiques qui assaillent ses personnages. L’atrocité des meurtres commis et l’univers glauque, délétère dans lequel il nous plonge lentement et insidieusement tout au long de l’histoire nous donne comme une sensation de malaise et de nausée. Ici, on est bien loin des romans à « l’anglaise » même si le héros par son côté snob, élégant et riche peut faire penser aux inspecteurs Morse, Thomas Linley ou encore Richard Jury. Cependant, malgré cette atmosphère constamment pesante, oppressante, angoissante bizarrement jamais à aucun moment je n’ai eu envie de refermer le livre avant le dénouement. Peut-être est-ce parce qu’il a su captiver mon attention avec une intrigue somme toute bien ficelée.

*******

Publié chez 10/18 (N°3674) en 2004
Titre original : Dans med en ängel
Traduit du suédois par Anna Gibson
Code ISBN : 9782264037176