Bonjour et bienvenue sur mon blog littéraire. Vous y trouverez mes lectures. En espérant que certaines vous donnent envie... N'hésitez pas à laisser un commentaire...
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29 juillet 2009

Mêlée ouverte au Zoulouland de Tom Sharpe

Après avoir tué Fivepence, son cuisinier zoulou et ce, sans aucun motif réel, Miss Hazelstone appelle le commissariat pour signaler l’incident. En soi rien de bien grave puisqu’en Afrique du Sud, en plein régime Apartheid, on peut aisément tuer ses domestiques sans avoir à se justifier. Oui mais, ce qui n’est pas légal c’est de le faire en dehors de sa maison. Le kommandant Van Heerden, accompagné du konstable Els, se rend donc sur les lieux pour essayer d’arranger les choses. Après tout Miss Hazelstone est une honorable et respectable vieille dame qui descend d’une très ancienne famille d’aristocrates anglais. Oui mais, ce qui semblait au départ n’être qu’une simple formalité va se transformer en un véritable cauchemar. D’abord, Miss Hazelstone n’est pas très coopérative, elle veut absolument être jugée pour le crime qu’elle a commis. Et puis Els, bien malgré lui, va être à l’origine d’une grosse bavure qu’il ne peut évidemment assumer. Il faut donc trouver un coupable idéal : ce sera le frère de Miss Hazelstone, cardinal de son état.

Jamais un livre ne m’aura autant fait rire. C’est complètement loufoque, absurde, déjanté comme je l’aime. Un vrai régal, du pur délire ! Tom Sharpe a vraiment une imagination monstrueusement débordante. A un rythme d’enfer, il va enchaîner les quiproquos, déclencher une avalanche de situations les plus grotesques les unes que les autres et tout cela dans un humour très grinçant, je dirai même plutôt décapant, corrosif. Car derrière toute cette apparente bouffonnerie, Tom Sharpe, qui a vécu pendant de nombreuses années en Afrique du Sud et qui par conséquent connaît bien le pays, dénonce violemment et de manière très politiquement incorrecte le régime de l’Apartheid. Tout y passe : les arrestations arbitraires des noirs, les méthodes peu reluisantes (molestation, torture) utilisées contre eux lors des interrogatoires de police voire leurs meurtres expéditifs, les relations interraciales illégales ou encore la toute puissance de la justice qui juge et condamne trop facilement. La manière dont Tom Sharpe aborde ce grave sujet pourra sûrement déplaire à certains. Car peut-on rire de tout aussi impunément ?

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Publié chez 10/18 (N°2074) en 1990
Titre original : Riotous assembly
Traduit de l'anglais par Laurence
Code ISBN : 9782264044303

Le diable s'habille en Prada de Laura Weisberger

Runway est un illustre magazine de mode et Miranda Priestly en est la rédactrice en chef. N’importe quelle fille « se damnerait » pour travailler à ses côtés mais c’est Andrea, 23 ans, fraîchement diplômée, qui a la chance de décrocher l’emploi d’assistante junior, enfin plutôt la malchance car ce job qui ne devait être qu’un tremplin pour sa future carrière de journaliste va être le pire de ses cauchemars. En effet, il s’avère que Miranda est pour le moins très exigeante et que le moindre de ses caprices doit être exaucé sur le champ, comme par exemple dégoter deux exemplaires du dernier Harry Potter avant même sa sortie et d’organiser leur expédition par avion jusqu’à Paris où Miranda et toute sa famille sont descendues. Aucun répit donc pour Andréa qui doit être absolument disponible à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Du coup sa vie privée en pâtit un peu : elle s’éloigne de plus en plus de ses amis, de son fiancé. Les sarcasmes et les brimades en tous genres pleuvent et on se demande combien de temps elle va pouvoir encore résister à ce harcèlement moral.

L’univers de la mode ne me fascine pas vraiment. Ce côté superficiel, cette envie à tout prix de porter la dernière tenue « fashion » taille 36, assortie évidemment aux chaussures et accessoires adéquats (sinon bonjour la faute de goût !) m’exaspèrent au plus haut point et je dois dire qu’en lisant ce livre, cela m’a plutôt confortée dans mes idées reçues. D’ailleurs j’ai « adôôré » la façon dont Laura Weisberger se moque « gentiment » de tout ce joli petit monde. Que dire maintenant de cet odieux personnage qu’est Miranda ? Comment peut-on se laisser humilier de la sorte, traiter comme une esclave sans jamais se plaindre sous prétexte que c’est votre vénérable patronne et que vous tenez absolument à votre emploi ? J’ai un peu regretté qu’Andréa attende autant de temps avant de tout envoyer promener car le livre du coup traîne un peu en longueur. J’aurais aimé aussi une confrontation plus franche entre les deux personnages, genre crêpage de chignon. Il n’en reste pas moins que ce roman est très plaisant à lire et que j’ai malgré tout beaucoup ri.

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Publié chez Pocket (N°12476) en 2006
Titre original : The devil wears Prada
Traduit de l'américain par Christine Barbaste
Code ISBN : 9782266150149

25 juillet 2009

1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis d'Alexander McCall Smith

Poppy Maoppe est cuisinière à l’université de Gaborone. Un jour, elle découvre que Mma Tsau, sa supérieure vole de la nourriture pour engraisser son mari. Elle ne sait pas trop quoi faire. La dénoncer à la police serait sûrement la meilleure chose mais voilà que sa chef menace de la licencier si elle parle, pire elle va même l’accuser d’être à l’origine de l’ignoble chantage dont elle est à présent victime. Quant à l’infirmière Boitelo Mampodi, elle soupçonne le docteur qui l’emploie de modifier les dossiers médicaux de ses patients. Le seul recours qu’il reste alors à ces deux femmes c’est de faire appel à Mma Precious Ramotswe qui dirige avec sa fidèle assistante Mma Makutsi l’agence N°1 de Dames Détectives du Bostwana. Et grâce à son sens inouï de la déduction et son infaillible intuition, Mma Ramotswe va réussir à résoudre sans difficulté ces énigmes.

Si vous détestez les crimes bien sanguinolents et morbides, les tueurs en série ou psychopathes en tous genres monstrueusement inquiétants, vous serez alors sans aucun doute enchanté par les aventures de Mma Ramotswe car les enquêtes qu’elle mène sont d’un caractère franchement banal pour ne pas les qualifier de simplistes. Elle consacre en effet principalement tout son temps à s’occuper de menus larcins, d’histoires familiales, d’adultère… Evidemment ce que je pourrais être tentée de reprocher à ce roman c’est justement la légèreté de l’intrigue, le manque de suspense voire l’extrême lenteur des évènements. Mais au fonds peu importe si l’histoire policière est secondaire car très vite on tombe sous le charme de Mma Ramotswe. Ce personnage de « constitution traditionnelle » est tellement sympathique, tellement haut en couleur, plein de joie de vivre, d’humanité, de sagesse et de philosophie qu’on s’y attache forcément tout de suite. J’ai incontestablement trouvé ce livre délassant, reposant et son cadre si dépaysant que j’en ai presque oublié pour un instant le monde stressant dans lequel nous évoluons tous les jours.

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Publié chez 10/18 (N°3975) en 2007
Titre original : Blue shoes and hapiness
Traduit de l'anglais par Elisabeth Kern
Code ISBN :9782264044556

Fura Tena de Jean Bertolino

Luc, un archéologue français se rend en Colombie dans le fol et obsessionnel espoir de retrouver le tombeau de la reine Fura-Tena. La légende raconte que celle-ci aurait été enterrée avec son inestimable diadème d’émeraudes, objet de toutes les convoitises depuis l’invasion des Conquistadores. Après avoir séjourné dans le village minier de Muzo et passé quelques bons moments dans les bras de Rosario, la tenancière du bordel local, il se décide enfin à partir à l’aventure. Malheureusement, en chemin il est enlevé par les guérilleros. Mains entravées, marche forcée à travers la jungle hostile, humiliation, brimades sont son lot quotidien jusqu’au jour où le groupe est attaqué par lesparamilitaires et que Luc, dans un instinct de survie, en tue trois. De simple otage, il devient soudain un héros, est respecté et traité désormais comme un « camarade ». Il est bientôt relâché et va poursuivre alors son périple grâce à un indien qui le mènera au cœur même de la Cité Perdue, lieu où repose Fura-Tena. Mais au contact du peuple Kogis il va surtout apprendre à vivre en totale harmonie avec la Mère Nature, à partager avec l’Autre et prendre conscience finalement que la véritable richesse est plus spirituelle que matérielle.

A la manière du grand reporter qu’il a été, Jean Bertolino nous dépeint une Colombie au double visage : d’abord celui d’un pays pauvre, violent et corrompu avec ses ouvriers travaillant dans les mines d’émeraude, ses guérilléros, ses paramilitaires, ses trafiquants de drogue et celui d’un pays pacifique avec ses indiens qui vivent sans aucun confort moderne et dont la seule idéologie est de préserver leur environnement depuis des millénaires. A l’heure où l’on nous répète inlassablement qu’il est grand temps de nous préoccuper un peu de notre planète au risque qu’elle ne disparaisse définitivement, les Kogis eux n’ont pas attendu pour le faire et je pense que nous devrions, nous, monde soi-disant « civilisé », prendre exemple sur eux. J’ai vraiment trouvé ce livre très intéressant, non seulement parce qu’il est très bien documenté, très actuel et sait mêler action, aventure et émotions mais aussi parce qu’il nous invite à réfléchir sur notre monde.

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Publié chez Pocket (N°12683) en 2006
Code ISBN :9782266156448

21 juillet 2009

Comme une tombe de Peter James

Michael Harrisson doit se marier dans quelques jours. Et qui dit mariage dit forcément enterrement de vie de garçons. Ce sont ses amis Josh, Robbo, Luke et Pete qui sont chargés de l’organiser. Tout commence alors par une classique tournée des bars mais les quatre compères ont envisagé une petite surprise. Robbo a emprunté à son oncle un corbillard et un cercueil. Eh oui, eh oui, vous avez bien deviné : ils ont décidé d’enterrer Michael vivant en plein milieu de la forêt. Mais rassurez-vous, pas de panique ! Evidemment il n’est pas question de le laisser enseveli indéfiniment, c’est juste pour quelques heures histoire de... Après tout Michael leur a suffisamment joué de tours pendables que maintenant c’est à eux de profiter de cette occasion pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Sauf que la petite plaisanterie va tourner au cauchemar lorsque les jeunes hommes sont victimes d’un accident de la route dans lequel ils perdent la vie. Pendant ce temps-là, Ashley Harper s’inquiète de la disparition de son fiancé mais refuse obstinément d’annuler le mariage. Bizarre se dit Roy Grace l’inspecteur chargé de l’enquête. Encore plus bizarre lorsque Mark Warren le témoin, qui n’a pas pu participer à la petite fête car son avion avait été retardé, avoue ne pas connaître le programme de la soirée.

J’ai trouvé l’idée de départ très originale et en même temps très angoissante, surtout quand on est un peu claustrophobe. Non vraiment, rien que de penser à ce type enfermé dans un cercueil, j’en frissonne encore ! Mais après tout n’est-ce pas l’essence même du thriller ? De rebondissement en rebondissement, de fausses pistes en fausses pistes, Peter James tisse machiavéliquement son intrigue et réussit habilement à tenir en haleine le lecteur jusqu’au bout avec en prime à la fin une infernale course poursuite, véritablement digne d’un film d’action hollywoodien. L’histoire, je le précise au passage, se déroule en Grande-Bretagne, mais on pourrait tout à fait la transposer aux Etats-Unis. De là à croire que ce livre a été écrit dans l’intention d’une éventuelle adaptation cinématographique, il n’y a qu’un pas. Après tout, Peter James n’a-t-il pas été scénariste dans une autre vie ? On pourrait d’ailleurs regretter ce côté un peu trop formaté pour le 7ème art. Mais au final c’est un livre vraiment haletant, passionnant et je ne me suis pas une seule fois ennuyée.

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Publié chez Pocket en 2007
Titre original : Dead simple
Traduit de l'anglais par Raphaëlle Dedourge
Code ISBN : 9782266158732

Site de l'auteur : http://www.peterjames.com/

Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland

Comment vous décrire la famille Drummond ? Il est clair qu’elle est bien loin du modèle américain puritain et bien pensant. Seule Sarah, la fille, astronaute à la NASA semble avoir la tête sur les épaules. Celle-ci doit bientôt s’envoler dans l’espace et c’est pour assister au décollage de sa navette que toute la famille a décidé de rejoindre Miami. Mais à peine ont-ils mis les pieds dans cette ville que va s’ensuivre toute une série d’évènements rocambolesques. Ainsi Wade, le fils aîné va entraîner son père Ted et son frère Bryan dans une de ces innombrables magouilles. En bref, il s’agit de revendre à Florian, un magnat suisse de l’industrie pharmaceutique – qui ne jure que par le clonage – une lettre que le prince William aurait écrite et déposée sur le cercueil de sa défunte mère. Mais, après avoir malencontreusement égaré le précieux document, ils atterrissent chez Lloyd et Gayle, un couple très étrange, à qui Shw, la femme de Bryan a choisi de vendre leur bébé. Heureusement, Janet, la mère – qui a été auparavant victime d’un hold-up avec Nickie, la nouvelle épouse de Ted - va réussir à arranger la situation et tout le monde – ouf - pourra enfin arriver à temps pour le lancement de la navette.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas dans cette gentille tribu de cinglés. Les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné et j’avais vraiment l’impression d’être dans un film d’action. C’est divertissant et très drôle, souvent caustique même, car les différents personnages passent leur temps à se disputer et régler leur compte au vitriol. A travers cette saga du clan Drummond, Douglas Coupland nous dépeint donc de façon volontairement caricaturale, un tableau de notre société et des relations un peu compliquées qui peuvent exister au sein d’une même famille. Le style est simple, enlevé mais l’histoire est tellement riche en personnages et rebondissements qu’il est préférable, à mon avis, de la lire d’une seule traite au risque sinon peut-être d’en perdre le fil rapidement.

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Publié chez 10/18 (N°3651) en 2004
Titre original : All familly are psychotic
Traduit de l'anglais par Maryvonne Ssossé
Code ISBN :9782264037725

Site de l'auteur : http://www.coupland.com/

Dans le genre famille déjantée je vous conseille : Courir avec des ciseaux d'Augusten Burroughs

La rivière des âmes perdues de James Doss

Tandis qu’elle observait scrupuleusement au loin l’horizon, Daisy Perika de la réserve Ute sentit le souffle du Vent des Ténèbres la frôler. Ce n’était pas un très bon présage. La vieille femme chamane sut immédiatement qu’un terrible évènement allait se produire. Non loin de là, d’ailleurs, dans la petite ville de Granite Creek, Priscilla Song une étudiante en électromagnétisme est sauvagement assassinée. Tout semble désigner Pacheco, l’homme d’entretien. Ses empreintes ont été retrouvées sur le tournevis, planté dans l’œil de la victime. S’engage alors une course poursuite après le Mexicain. Mais est-ce vraiment lui le meurtrier ? Et que signifient donc ces sept mystérieuses lettres tapées sur l’ordinateur par la jeune femme juste avant son agression ? Et qu’en est-il de ces recherches scientifiques qu’elle menait ? Auraient-elles un lien quelconque avec son assassinat ? Qui avait réellement intérêt à la supprimer ? C’est ce que vont tenter de découvrir, au péril de leur vie, Scott Paris, fraîchement débarqué de Chicago et Anne Foster, son amie journaliste.

Ce roman policier est très agréable à lire, bien mené. Je l’ai dévoré d’une seule traite. Cependant, j’avoue qu’il est somme toute plutôt classique dans son élaboration. L’intrigue, en effet, n’est pas très alambiquée et malgré quelques fausses pistes pour tenter d’égarer le lecteur, on devine assez rapidement le mobile et l’auteur du crime. Mais, après tout, peu importe ! Car ce qui m’a, en réalité, le plus charmée dans ce roman, c’est évidemment la beauté sauvage des décors grandioses et dépaysants, le côté parfois poétique et lyrique de l’écriture et surtout l’atmosphère si particulièrement étrange presque envoûtante qui se dégage lorsque James Doss évoque (invoque ?) la culture indienne empreinte de traditions ancestrales, de légendes et de mysticisme. L’histoire flirte ainsi constamment avec la frontière entre le monde bien rationnel de la science et celui plus onirique ou surnaturel des esprits, entre la logique policière implacable et les visions sacrées d’une vieille femme qu’on pourrait juger folle. Ce premier roman de James Doss s’inscrit dans la lignée d’un Tony Hillerman ou d’un Peter Bowen. Je le conseille vivement.

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Publié chez 10/18 (N°3200) en 1998
Titre original : The shaman sings
Traduit par Danièle et Pierre Bondil
Code ISBN : 9782264030740

18 juillet 2009

La dernière valse de Mathilda de Tamara McKinley

Jenny, après la mort tragique de son mari et de son fils hérite d’une vaste propriété dans l’outback australien. Au début il n’est pas question pour Jenny d’y rester. La vie en plein désert semble plutôt rude et peu appropriée à la vie de citadine qu’elle a toujours connue. Et puis… elle découvre les journaux intimes de Mathilda qui a vécu à Churinga, cinquante ans plus tôt. Mathilda n’avait que 13 ans lorsqu’elle perd sa mère. Très vite elle se retrouve à gérer seule l’exploitation et doit affronter d’effroyables épreuves : d’abord le viol commis par son père puis l’abandon de cet enfant né de cette union illégitime qui la rendront à jamais méfiante à l’égard des hommes jusqu’au jour où elle finira par trouver l’amour. Enfin, le croyait-elle ! Elle devra aussi surmonter la guerre, les sécheresses et surtout la convoitise de ses voisins du domaine rival de Kurajong. Jenny est tout de suite fascinée par le destin tragique de cette femme courageuse qui n’aura de cesse de se battre pour faire subsister cette exploitation et en même temps est bouleversée tant elle se sent si proche d’elle. Ce n’est d’ailleurs qu’en terminant le journal de Mathilda qu’elle aura toutes les réponses sur le terrible secret de Churinga.

Si vous avez aimé « Les oiseaux se cachent pour mourir » de Colleen Mc Cullough, alors vous serez sans doute ravi(e) par cette saga australienne. Vous y trouverez en effet bon nombre d’ingrédients qui ont fait le succès du premier : paysages grandioses à perte de vue, portrait de deux héroïnes fortes aux destins croisés, menant un combat acharné tous les jours pour survivre dans un milieu hostile, ajoutez-y ensuite quelques secrets de famille inavouables et bien sur un brin de romance sous les traits de Brett, l’énigmatique beau ténébreux qui réveillera sans nul doute le côté fleur bleue qui sommeille en vous. Le dépaysement est garanti, les descriptions sont vraiment superbes et j’avoue m’être laissée bien volontiers emporter doucement par le vent, non plutôt étouffer par la chaleur du bush australien. Un roman d’amour et d’aventure facile à lire qui m’a permis de voyager, rêver et oublier avec légèreté l’espace d’un instant la grisaille du quotidien.

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Publié chez Archipoche (N°23) en 2007
Titre original : Matilda's last waltz
Traduit de l'anglais par Catherine Ludet
Code ISBN : 9782352870180

La femme en vert d'Arnaldur Indridason

Sur un chantier de construction à Reykjavík dans le quartier de Thushold des ossements sont mis au jour. Le squelette est selon les premières constatations vieux d’au moins une cinquantaine d’années. Et la question qui se pose évidemment est : de qui peut-il donc bien s’agir ? Serait-ce la fiancée d’un certain Benjamin, riche commerçant ? Tout le monde racontait à l’époque qu’elle s’était suicidée en se jetant dans la mer. Mais peut-être que finalement la vérité est toute autre. Ou bien serait-ce un de ces soldats américains vivant sur la base militaire pendant la seconde guerre mondiale ? Et qui donc est cette mystérieuse femme en vert qui vient se recueillir près des groseilliers. C’est ce que va tenter de découvrir l’inspecteur Erlendur et ses co-équipiers Elinborg et Sigurdur Oli. Cependant, en déterrant ce corps, il va également exhumer tout un passé, non seulement celui de cet endroit mais aussi malheureusement le sien.

Tout le talent d’Arnaldur Indridason réside justement dans cette manière de faire remonter doucement à la surface les souvenirs et les souffrances psychologiques des personnages au fur et à mesure que les archéologues enlèvent délicatement les couches de terre autour du cadavre. Ce qui est prodigieux aussi, c’est sa façon de jongler constamment avec le présent et le passé sans que ces allers retours ne gênent la compréhension de l’histoire. Et l’enquête actuellement menée va ainsi progressivement rejoindre le récit que fait en parallèle l’auteur sur cette famille qui a vécu là pendant la seconde guerre mondiale. Evidemment on se doute bien dès le départ que tout est étroitement lié et on se prend alors à spéculer sur le dénouement éventuel.
L’écriture d’Indridason est parfois d’une dureté et d’une noirceur saisissante mais en même temps d’un incroyable réalisme. J’y ai été très sensible notamment lorsqu’il décrit le calvaire physique et surtout moral que subit cette femme à travers des actes de violence conjugale ou encore la descente aux enfers de la fille d’Erlendur et sa plongée dans le coma qui va raviver chez lui le souvenir de la mort accidentelle de son frère enfant. Au-delà de l’intrigue policière qui m’a beaucoup plu, j’ai trouvé que c’était un livre vraiment très poignant et qu’Arnaldur Indridason avait l’art de creuser l’âme humaine au plus profond.

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Publié chez Points policier (N°1598) en 2007
Titre original : Graforpögn
Traduit de l'islandais par Eric Boury
Code ISBN : 9782757803172

Vous descendez ? de Nick Hornby

Martin, présentateur télé a purgé une peine de prison pour avoir eu des relations sexuelles avec une gamine de 15 ans. Depuis ce scandale, il a tout perdu : son émission phare, sa notoriété et évidemment sa femme et ses enfants. Du coup, il a décidé d’en finir et de sauter du haut d’une tour. Seulement, à Londres en cette veille de nouvel an – période plutôt propice aux dépressions en tous genres – d’autres ont eu la même idée. Ainsi, il y a Maureen, 51 ans, fervente catholique, qui ne supporte plus de s’occuper de son fils lourdement handicapé puis Jesse, une jeune fille de 18 ans, un peu survoltée voire complètement hystérique que son petit ami, Chas, vient de larguer. Enfin, il y a JJ, un jeune américain, qui, après que son groupe de rock s’est séparé, est devenu à contrecœur livreur de pizzas. En parlant de pizza, il en a justement une sous le bras. Et les voilà tous entrain d’en manger un morceau. Puis ils se mettent dans l’idée d’aller à la recherche de Chas à une fête et là va commencer une folle virée nocturne à la fin de laquelle ils décideront de repousser – pour mieux sauter sans doute ?! – la date de leur suicide.

Nick Hornby nous raconte donc la rencontre fortuite entre quatre écorchés de la vie que tout sépare. L’histoire aurait pu être triste, ennuyeuse ; les personnages pathétiques ou vu la gravité du sujet abordé, on aurait pu s’attendre à sortir les mouchoirs. Mais ce n’est pas le cas, au contraire : c’est délicieusement drôle, délirant et quelque fois même un brin déjanté. Le style est limpide, rythmé et l’originalité du roman réside en la narration à tour de rôle de l’histoire par les personnages. Tout de suite, j’ai été emportée dans cette formidable aventure humaine et séduite par cet humour si typiquement anglais que Nick Horby a su distiller tout au long de cette histoire sans jamais tomber dans l’ironie ou le sarcasme.

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Publié chez 10/18 (N°3919) en 2006
Titre original : A long way down
Traduit de l'anglais par Nicolas Richard
Code ISBN : 9782264043917

Faux rebond de Harlan Coben

A cause d’une grave blessure au genou, Myron Bolitar a du prématurément mettre un terme à sa carrière de basketteur pro. Après avoir travaillé brièvement pour le FBI, il s’est tout naturellement reconverti en agent sportif. Un jour, Clip Arnstein, le manager des célèbres Dragons du New Jersey, lui offre un poste de remplaçant dans l’équipe à condition qu’il mène une enquête discrète sur la mystérieuse disparition de Greg Downing, leur joueur vedette. Ce qui peut sembler au début n’être qu’un caprice de star qui a juste envie de se mettre au vert quelques temps s’avère finalement une affaire beaucoup plus sérieuse. En effet, une certaine Carla est retrouvée assassinée. Or celle-ci est l’une des dernières personnes à avoir eu un contact avec la star. Doit-on alors soupçonner Greg Downing de l’avoir tuée - d’autant plus que d’énormes taches de sang tapissent les murs de son sous-sol - et de s’être ensuite enfui ? Avec Win son associé et Esperanza sa secrétaire, Myron Bolitar va tenter de le savoir. Cependant la tâche ne va pas être facile car ces investigations vont raviver chez lui de douloureux souvenirs.

Dans un style très lapidaire voire scénarisé, Harlan Coben nous entraîne dans le monde du sport de haut niveau où tous les coups bas semblent permis. Tout comme dans un match, l’histoire démarre à un rythme effréné, haletant avec son flot d’actions et donc presque pas de temps mort. Malheureusement, je trouve qu’elle s’essouffle un peu vers la fin, que les personnages tournent en rond, peut-être à force de courir un peu dans tous les sens au lieu d’aller droit au but (enfin au panier). Mais peut-être que cette temporisation n’est qu’une stratégie de la part de Harlan Coben pour mieux mettre en place son offensive, contrer les adversaires et faire gagner la partie à son héros grâce à un superbe retournement de situation à la dernière minute. Et dans ce cas je dis bien joué. Après tout, ce qui est essentiel dans un match c’est le résultat et peu importe la manière employée pour y arriver. Sauf que, moi, j’aime bien quand le spectacle est beau et ici, je dois dire que, dans l’ensemble, la prestation est plutôt moyenne. Et si ce thriller reste toutefois plaisant à lire, si finalement j’ai résisté à l’envie d’abandonner la partie avant le coup de sifflet final, c’est surtout grâce à l’humour corrosif et décalé de Myron Bolitar et de ses excentriques collaborateurs qui rehausse un peu l’ambiance et le niveau de jeu.

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Publié chez Pocket en 2006
Titre original : Fade away
Traduit de l'anglais par Martine Leconte
Code ISBN : 9782266152785