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13 décembre 2024

Numéro deux de David Foenkinos

En 1999, Martin Hill a 10 ans. Ses parents viennent de divorcer. Tandis que sa mère, journaliste, retourne en France d'où elle est originaire, le jeune garçon reste vivre avec son père à Londres. Celui-ci, accessoiriste, l'emmène un jour sur un tournage.

David Heyman, producteur, remarque tout de suite Martin avec ses petites lunettes rondes. Il ressemble trait pour trait au personnage de son prochain film, adaptation du premier tome de la saga "Harry Potter" de J.K Rowling et lui propose de faire des essais.

Alors que tout laisse à penser qu'il va remporter le rôle, c'est Daniel Radcliffe qui finalement est choisi. Grosse désillusion pour Martin.

Mon avis :

Imaginer l'histoire de cet enfant qui a failli être Harry Potter est une idée originale. C'est vrai qu'on ne pense pas forcément à celui qui a échoué et à tout ce que cela peut impliquer sur le plan psychologique.

Je me souviens d'avoir vécu une situation un peu similaire. Après un entretien d'embauche, l'employeur m'avait rappelée pour me dire que ma candidature n'avait pas été retenue, qu'il avait hésité longuement avec une autre. Peut-être, aurait-il dû s'abstenir car échouer de si peu, je peux vous dire, que c'est rageant.

Comme Martin, vous vous demandez évidemment, "pourquoi l'autre ?". Qu'a-t-il de plus que moi ? Peut-être aurais-je dû dire ça et pas ça. Bref, vous refaites le film sans cesse pour savoir où ça a foiré. Et puis, après un moment, vous réussissez heureusement à passer à autre chose.

Martin, lui, n'y arrive pas. Et pour cause, il ne peut échapper au succès planétaire de Harry Potter. La simple vue d'un des sept romans, d'une affiche de cinéma lui donne des palpitations. Il en devient tellement phobique qu'il a beaucoup de mal à sortir de chez lui. Bref, il n'est pas prêt à se reconstruire.

J'ai bien aimé la partie nous racontant l'ascension fulgurante de J.K Rowling avec sa saga "Harry Potter" puis celle nous immergeant dans les coulisses du casting pour le film. Toutes les anecdotes évoquées sont vraies, ce qui du coup suppose un travail de recherche important en amont.

Par contre, j'ai beaucoup moins aimé toute cette période où Martin devient gardien au musée du Louvre. Car cela m'a fait aussitôt penser à un copier-coller de son livre "Vers la beauté". Clin d'œil hommage à ce roman ou juste facilité à s'auto-plagier ?

Quant à la fin, elle nous réserve une petite surprise qui, après qu'on l'a découverte, sonne comme une évidence.

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Publié chez Folio (N°7160) en 2022
Code ISBN : 978-2-07-300196-2
Éditeur d'origine : Éditions Gallimard

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

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27 mars 2023

Vers la beauté de David Foenkinos

Antoine Duris est embauché comme gardien au Musée d'Orsay. Il est affecté à la salle consacrée à l'exposition sur Modigliani. Ça tombe bien, il adore ce peintre et a même écrit une thèse sur lui. Toute la journée, il reste ainsi assis sur sa chaise à contempler et surveiller les œuvres, à renseigner les touristes qui cherchent les toilettes, à rectifier parfois les propos du guide.

Mathilde Mattel, la directrice des Ressources Humaines se pose des questions à son sujet. Elle ne comprend pas en effet pourquoi cet éminent professeur des Beaux-Arts de Lyon a tout quitté pour ce poste sous-qualifié.

En se liant d'amitié avec lui, Antoine finit par sortir de son mutisme et se confier d'abord sur sa rupture amoureuse puis sur sa rencontre avec Camille Perrotin.


Mon avis :

C'est l'histoire d'un homme qui s'est laissé submergé par un flot d'émotions intenses, un immense sentiment de culpabilité à cause notamment de cette jeune fille dont on pressent le destin dès la fin de la première partie.

Pour mieux se reconstruire, il décide de tout plaquer et de se réfugier dans la beauté de l'art. Passer ses journées à contempler les tableaux - notamment le portrait de Jeanne Hébuterne - à leur parler, l'apaise, lui apporte une sensation de plénitude, de satisfaction.

Camille, jeune fille introvertie, avait, elle, trouvé dans l'art un moyen de s'exprimer, de communiquer, d'exister jusqu'à ce traumatisme qui la plonge dans un état léthargique, dépressif. La rencontre avec Antoine lui redonnera goût à cette passion créatrice, dévoratrice qui lui permettra de s'extirper un temps de ce mal-être.

David Fœnkinos croit au pouvoir consolateur, réparateur de la beauté. Il est vrai que l'essence même de l'art est la recherche d'une certaine harmonie dans les proportions, les couleurs et que contempler une œuvre si parfaite peut nous apporter un peu de sérénité. J'avoue moi-même, que, lorsque je n'ai pas le moral, la vue d'un paysage (mer, forêt) me rassérène ou me revigore.

Mais je pense que l'art en soi ne suffit pas. Il a ses limites surtout lorsqu'il s'agit de traumatisme important. Camille a beau se donner dans la peinture, quand elle se retrouve confrontée à la source de cette profonde souffrance qui la ronge de l'intérieur, rien ne va plus. La réalité lui revient à la figure comme un boomerang.

Ce qui sauve Antoine, à mon avis, c'est surtout qu'il a su prendre ses distances, couper les ponts en partant de Lyon pour Paris où personne ne le connaissait, ne pouvait le juger. Il a su prendre du recul, s'entourer pour mieux affronter son passé ensuite.

Dans une écriture délicate, sensible, David Foenkinos aborde, à travers ces deux portraits, des sujets difficiles. Il pose aussi la question de l'utilité de l'art dans la vie de tous les jours.

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Publié chez Folio (N°6640) en 2019
Editeur d'origine : Gallimard
Code ISBN : 978-2-072-82442-5

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

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