Bonjour et bienvenue sur mon blog littéraire. Vous y trouverez mes lectures. En espérant que certaines vous donnent envie... N'hésitez pas à laisser un commentaire...
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18 juillet 2026

Jour de ressac de Maylis de Kerangal

Au Havre, le corps d'un homme est retrouvé mort sur la digue. Il s'agit vraisemblablement d'un homicide. Sur lui, un ticket de cinéma sur lequel est noté le numéro de téléphone d'une doubleuse de films, résidant à Paris.

Le lieutenant Zambra la convoque aussitôt au commissariat pour l'auditionner. Malheureusement, celle-ci est incapable de l'identifier. Mais pourquoi donc avait-il son numéro ? Elle ne comprend pas. Car cela fait bien longtemps qu'elle a quitté Le Havre.


Mon avis :

Même si l'histoire commence par la mort d'un inconnu, il ne s'agit pas pour autant d'un roman policier. Juste une excuse pour la narratrice (dont on ne connait pas le nom) pour revenir au Havre, sa ville natale.

C'est donc l'occasion pour elle de se remémorer sa jeunesse, les endroits, les gens qu'elle fréquentait... S'en suit une longue litanie de souvenirs très détaillés accolés les uns aux autres.

L'originalité de Maylis de Kerangal est d'écrire de trèèès longues phrases. Et quand je dis très longues, ça signifie plus de dix lignes. A noter que tous les dialogues sont eux aussi intégrés dans des phrases (donc aucun cadratin).

Mais je vous rassure tout de suite : le récit est tout à fait lisible et plaisant. L'utilisation abusive de virgules, tirets permet heureusement des respirations.

A travers cette instrospection nostalgique, l'auteure originaire elle aussi du Havre en profite surtout pour dresser un portrait très réaliste de cette ville entièrement reconstruite après la seconde guerre mondiale et devenue aujourd'hui entre autres une plaque tournante du trafic de drogue.

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Publié chez Folio (7614) en 2026
Éditeur d'origine : Gallimard
Code ISBN : 978-2-073-13315-1

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

19 novembre 2025

La maison de Bretagne de Marie Sizun

A la mort de sa mère, Claire Werner, aujourd'hui 48 ans et employée dans une compagnie d'assurance, hérite d'une maison familiale située sur une île bretonne. Depuis six ans, celle-ci est mise en location à des vacanciers.

Cependant, après plusieurs plaintes concernant l'état décrépit du bien loué et n'ayant pas les moyens d'effectuer des travaux, Claire Werner décide de vendre.

Elle se rend donc sur l'île pour rencontrer l'agent immobilier et le notaire en pensant que l'affaire sera vite réglée.

Sauf que, dans la petite chambre du bas, sur le lit, git un cadavre. La vision de ce jeune homme blond lui fait penser aussitôt à son père, artiste peintre qui les avaient abandonnées.

Mon avis :

En choisissant de vendre, Claire Werner pensait tirer définitivement un trait sur tous les souvenirs de vacances rattachés à cette maison familiale. Seulement voilà, la découverte de cet homme mort va au contraire la replonger dans son enfance et faire remonter ce passé douloureux si longtemps refoulé.

D'abord, il y a ce père qu'elle chérissait et qui les avaient quittées du jour au lendemain pour aller vivre en Argentine alors qu'elle n'avait que 10 ans. Un vrai déchirement. Ensuite, il y a cette mère froide, distante, pas très aimante et enfin, cette sœur quelle a détestée dès sa naissance, tombée dans la drogue et avec qui elle n'a plus de contact.

En farfouillant ainsi dans les tréfonds de sa mémoire, Claire va se lancer dans une quête introspective qui se révèlera salvatrice. Grâce notamment au témoignage du voisinage, elle aura un éclairage un peu différent sur sa famille.

Et le lecteur, tout en nuances, traversera une palette de sentiments, d'émotions. Et tout cela dans un magnifique décor breton où le temps semble suspendu.

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Publié chez Folio (N°7098) en 2024
Éditeur d'origine : Arléa
Code ISBN : 978-2-07-295019-3

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

Tous droits réservés

13 décembre 2024

Numéro deux de David Foenkinos

En 1999, Martin Hill a 10 ans. Ses parents viennent de divorcer. Tandis que sa mère, journaliste, retourne en France d'où elle est originaire, le jeune garçon reste vivre avec son père à Londres. Celui-ci, accessoiriste, l'emmène un jour sur un tournage.

David Heyman, producteur, remarque tout de suite Martin avec ses petites lunettes rondes. Il ressemble trait pour trait au personnage de son prochain film, adaptation du premier tome de la saga "Harry Potter" de J.K Rowling et lui propose de faire des essais.

Alors que tout laisse à penser qu'il va remporter le rôle, c'est Daniel Radcliffe qui finalement est choisi. Grosse désillusion pour Martin.

Mon avis :

Imaginer l'histoire de cet enfant qui a failli être Harry Potter est une idée originale. C'est vrai qu'on ne pense pas forcément à celui qui a échoué et à tout ce que cela peut impliquer sur le plan psychologique.

Je me souviens d'avoir vécu une situation un peu similaire. Après un entretien d'embauche, l'employeur m'avait rappelée pour me dire que ma candidature n'avait pas été retenue, qu'il avait hésité longuement avec une autre. Peut-être, aurait-il dû s'abstenir car échouer de si peu, je peux vous dire, que c'est rageant.

Comme Martin, vous vous demandez évidemment, "pourquoi l'autre ?". Qu'a-t-il de plus que moi ? Peut-être aurais-je dû dire ça et pas ça. Bref, vous refaites le film sans cesse pour savoir où ça a foiré. Et puis, après un moment, vous réussissez heureusement à passer à autre chose.

Martin, lui, n'y arrive pas. Et pour cause, il ne peut échapper au succès planétaire de Harry Potter. La simple vue d'un des sept romans, d'une affiche de cinéma lui donne des palpitations. Il en devient tellement phobique qu'il a beaucoup de mal à sortir de chez lui. Bref, il n'est pas prêt à se reconstruire.

J'ai bien aimé la partie nous racontant l'ascension fulgurante de J.K Rowling avec sa saga "Harry Potter" puis celle nous immergeant dans les coulisses du casting pour le film. Toutes les anecdotes évoquées sont vraies, ce qui du coup suppose un travail de recherche important en amont.

Par contre, j'ai beaucoup moins aimé toute cette période où Martin devient gardien au musée du Louvre. Car cela m'a fait aussitôt penser à un copier-coller de son livre "Vers la beauté". Clin d'œil hommage à ce roman ou juste facilité à s'auto-plagier ?

Quant à la fin, elle nous réserve une petite surprise qui, après qu'on l'a découverte, sonne comme une évidence.

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Publié chez Folio (N°7160) en 2022
Code ISBN : 978-2-07-300196-2
Éditeur d'origine : Éditions Gallimard

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

14 décembre 2023

Le gardien invisible de Dolores Redondo

Dans une forêt aux abords d'Elizondo, petite ville du pays basque espagnol, est retrouvé le corps d'une fillette. Il s'agit de Ainhoa Elizasu, douze ans. D'aucuns disent que c'est l'œuvre du Basajun, cette créature mi-homme, mi-animal, considérée comme le gardien protecteur des lieux. Sur la dépouille a été déposé un txantxigorri, un gâteau typique de la région.

Amaia Salazar, inspectrice à Pampelune, est alors envoyée dans sa ville natale pour tenter de démasquer ce tueur en série. C'est l'occasion aussi pour elle de renouer avec sa tante et ses deux sœurs.


Mon avis :

Elizondo est un petit village situé sur la rivière Baztan au Pays Basque espagnol. Il a été créé pour accueillir les pèlerins qui traversaient la chaîne des Pyrénées.

Lorsqu'Amaia Salazar y revient pour mener les investigations, c'est tout un pan obscur de son histoire familiale qui remonte à la surface. Un traumatisme lié à l'enfance jusque là refoulé va en effet resurgir. Le lecteur decouvrira ainsi la raison pour laquelle elle avait fui.

J'ai bien aimé cette atmosphère à la fois sombre, pesante et envoûtante, à la limite du surnaturel, qui règne au cœur de cette intrigue, dûe notamment à l'omniprésence de ces légendes et folklore basques.

Par contre, j'ai trouvé que la vie privée d'Amaia prenait une place trop prépondérante au détriment du déroulement de l'intrigue. Il est clair que certains éléments sont essentiels pour la compréhension du personnage mais peut-être aurait-il été plus judicieux de mieux les distiller tout au long du roman.

Trilogie du Baztán
Tome 1 : Le gardien invisible
Tome 2 : De chair et d'os
Tome 3 : Une offrande à la tempête

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Publié chez : Folio Policier (N°752) en 2021
Éditeur d'origine : Éditions Stock
Titre original : El guardián invisible
Traduit de l'espagnol par Marianne Millon
Code ISBN : 978-2-07-290174-4

❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

09 novembre 2023

Les enfants sont rois de Delphine de Vigan

Adolescente, Mélanie Claux a été bercée par la téléréalité. Son rêve : devenir elle aussi célèbre. A 17 ans, elle monte à Paris pour tenter l'aventure mais c'est un échec.

Dix huit ans plus tard, alors mariée à Bruno Diore, elle lance sa propre chaîne Youtube Happy Récré où elle met en scène ses deux enfants, Kimmy et Sam, déballant des paquets, testant des jeux, en train de manger...

Tout est pour le mieux dans ce monde virtuel. Les cadeaux s'amoncellent au rythme des likes qui s'enchaînent. Jusqu'à ce que la fillette soit enlevée au bas de son immeuble.


Mon avis :

Mélanie, à travers la surexposition de ses enfants, trouve la reconnaissance qu'elle n'a jamais reçue de ses parents qui l'ont toujours considérée comme une bonne à rien. Bref, elle vit sa vie par procuration.

Tous ces likes, ces petits cœurs rouges, ces millions d'abonnés sont la preuve que les gens "l'apprécient". Mais à quel prix. Décider quelles chaussures on va acheter à sa fille à travers les avis des internautes sans même demander à l'intéressée (il paraît que "Kimmy déteste choisir"), franchement, ça dépasse l'entendement.

Au fil du temps, Kimmy semble en avoir marre d'être filmée non-stop. Elle se met à désobéir, à faire exprès de se salir juste avant le tournage d'une vidéo. Sa mère, au lieu de prendre conscience de son mal-être, va jusqu'à lui faire des reproches car tout ce qui compte c'est d'être devant Minibus Team et la Bande des doudous, ses concurrents; c'est d'engranger des revenus grâce au nombre de vues, aux produits dérivés lancés par la famille. Même après que sa fille a été enlevée, Mélanie est toujours dans le déni en ne comprenant pas ce qu'elle a bien pu faire de mal.

Au début, dans les vidéos, les enfants sont spontanés. Mais très vite ils jouent des rôles écrits et appris par cœur vantant les mérites de tel ou tel produit, faisant la promotion de parcs d'attractions, portant des marques de vêtements, se transformant ainsi en véritables spots publicitaires.

J'avais déjà entendu parler de ces familles dont s'est sûrement inspiré Delphine de Vigan. Je ne suis donc pas vraiment surprise par toutes ces révélations sur les dérives des réseaux sociaux. Toujours est-il qu'avant de publier des photos/vidéos, certains parents devraient peut-être réfléchir à deux fois. Car jeter en pâture des enfants à visage découvert peut malheureusement être dangereux. On ne sait pas en effet ce qui pourrait advenir de ces publications. Et puis que dire du droit à l'image de ces enfants et des dommages qu'une telle notoriété peut engendrer (harcèlement scolaire, jalousies, menaces sans compter les effets traumatiques au long terme).

Un livre que je conseille vivement.

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Publié chez Folio (N°7111) en 2022
Editeur d'origine : Gallimard, collection blanche
Code ISBN : 978-2-072-97737-4

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

Tous droits réservés

27 mars 2023

Vers la beauté de David Foenkinos

Antoine Duris est embauché comme gardien au Musée d'Orsay. Il est affecté à la salle consacrée à l'exposition sur Modigliani. Ça tombe bien, il adore ce peintre et a même écrit une thèse sur lui. Toute la journée, il reste ainsi assis sur sa chaise à contempler et surveiller les œuvres, à renseigner les touristes qui cherchent les toilettes, à rectifier parfois les propos du guide.

Mathilde Mattel, la directrice des Ressources Humaines se pose des questions à son sujet. Elle ne comprend pas en effet pourquoi cet éminent professeur des Beaux-Arts de Lyon a tout quitté pour ce poste sous-qualifié.

En se liant d'amitié avec lui, Antoine finit par sortir de son mutisme et se confier d'abord sur sa rupture amoureuse puis sur sa rencontre avec Camille Perrotin.


Mon avis :

C'est l'histoire d'un homme qui s'est laissé submergé par un flot d'émotions intenses, un immense sentiment de culpabilité à cause notamment de cette jeune fille dont on pressent le destin dès la fin de la première partie.

Pour mieux se reconstruire, il décide de tout plaquer et de se réfugier dans la beauté de l'art. Passer ses journées à contempler les tableaux - notamment le portrait de Jeanne Hébuterne - à leur parler, l'apaise, lui apporte une sensation de plénitude, de satisfaction.

Camille, jeune fille introvertie, avait, elle, trouvé dans l'art un moyen de s'exprimer, de communiquer, d'exister jusqu'à ce traumatisme qui la plonge dans un état léthargique, dépressif. La rencontre avec Antoine lui redonnera goût à cette passion créatrice, dévoratrice qui lui permettra de s'extirper un temps de ce mal-être.

David Fœnkinos croit au pouvoir consolateur, réparateur de la beauté. Il est vrai que l'essence même de l'art est la recherche d'une certaine harmonie dans les proportions, les couleurs et que contempler une œuvre si parfaite peut nous apporter un peu de sérénité. J'avoue moi-même, que, lorsque je n'ai pas le moral, la vue d'un paysage (mer, forêt) me rassérène ou me revigore.

Mais je pense que l'art en soi ne suffit pas. Il a ses limites surtout lorsqu'il s'agit de traumatisme important. Camille a beau se donner dans la peinture, quand elle se retrouve confrontée à la source de cette profonde souffrance qui la ronge de l'intérieur, rien ne va plus. La réalité lui revient à la figure comme un boomerang.

Ce qui sauve Antoine, à mon avis, c'est surtout qu'il a su prendre ses distances, couper les ponts en partant de Lyon pour Paris où personne ne le connaissait, ne pouvait le juger. Il a su prendre du recul, s'entourer pour mieux affronter son passé ensuite.

Dans une écriture délicate, sensible, David Foenkinos aborde, à travers ces deux portraits, des sujets difficiles. Il pose aussi la question de l'utilité de l'art dans la vie de tous les jours.

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Publié chez Folio (N°6640) en 2019
Editeur d'origine : Gallimard
Code ISBN : 978-2-072-82442-5

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

08 décembre 2021

Mortel secret de Carlene Thompson

Il y a huit ans, le père de Teresa Farr et Wendy, sa belle-mère étaient sauvagement assassinés, sa demi-sœur de huit ans Celeste grièvement blessée. Elle, avait été épargnée. Ce qui lui avait valu d'être suspectée jusqu'à ce que Roscoe Lee Byrnes, un tueur en série, avoue les meurtres.

Aujourd'hui, alors qu'il va être exécuté, celui-ci revient sur ses confessions. Dernier pied de nez pour faire parler de lui jusqu'au bout ? Ou dit-il la vérité ? Dans ce cas qui est donc le coupable ? Et qui a déposé ce mot sur le pare-brise de Teresa ? Et cette lampe de chevet qui appartenait à Celeste, d'où sort-elle ?


Mon avis :

Une héroïne, jeune et jolie, confrontée à un passé douloureux qu'elle croyait loin derrière elle mais qui refait surface tout d'un coup à cause de la révélation de Roscoe Lee Byrnes, des secrets bien gardés jusqu'ici qui vont être révélés petit à petit pour nous mener enfin à la vérité, une bonne dose de vengeance... Admettez que ça ressemble beaucoup à une histoire de Mary Higgins Clark (voir Rien ne vaut la douceur du foyer). Le style de Carlene Thompson et sa façon de tenir en haleine le lecteur sont d'ailleurs dans la même veine.

En conclusion, si vous êtes fan de Mary Higgins Clark, vous adorerez sans aucun doute Carlene Thompson.

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Paru chez Folio (N°592) en 2010
Titre original : If you ever tell
Traduit de l'anglais par Emma Talent
Code ISBN : 978-2-070-42893-9

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

06 décembre 2009

La ferme des animaux de George Orwell

Après avoir fait le rêve d’un monde sans hommes, le cochon Sage l’Ancien rassemble tous les animaux de la Ferme du Manoir et les incite à se soulever. C’est ainsi qu’un 21 juin fut exproprié Mr Jones. Ce sont les cochons – espèce la plus intelligente – qui prennent naturellement le pouvoir et mettent en place un système philosophique l’animalisme dont l’hymne s’appelle « Bêtes d’Angleterre » et les sept commandements sont les suivants :

1- Tout deux pattes est un ennemi.
2- Tout quatre pattes ou volatile, un ami.
3- Nul animal ne portera de vêtements.
4- Nul animal ne dormira dans un lit.
5- Nul animal ne boira d’alcool.
6- Nul animal ne tuera un autre animal.
7- Tous les animaux sont égaux.

Cependant très vite tous ces beaux préceptes volent en éclat. D’abord les animaux se rendent compte que les cochons s’octroient certains privilèges. Ensuite entre les principaux dirigeants s’installent des distensions de plus en plus importantes et Napoléon finit par évincer Boule de Neige, l’accusant de tous les maux et notamment d’être à la solde des humains. Il fait même éliminer tous ses soi-disant partisans par ses molosses.

Enfin, les années passant, comble de tout les cochons se mettent à commercer avec les hommes et à se comporter exactement comme eux. Bref, « Tous les animaux sont égaux, mais certains plus que d’autres. »


Mon avis :

Sous l’aspect d’une fable animalière l’auteur relate en fait l’histoire de l’URSS, depuis la révolution de 1917 au basculement dans la répression et la dictature. Ainsi derrière chaque animal se cachent des personnages historiquement célèbres. Napoléon peut être assimilé à Staline, Boule de Neige à Trotsky, Mr Jones au tsar Nicolas II. Quant à Brille-Babil qui manie la langue de bois à la perfection et Malabar travailleur le plus acharné de la ferme dont la devise est « Je vais travailler plus dur », ils symbolisent respectivement la propagande diffusée par les dirigeants de l’U.R.S.S à travers La Pravda et le stakhanovisme. Les chiens qui constituent la garde personnelle de Napoléon incarnent eux, la police politique du régime (le N.K.V.D.).

La Ferme des animaux est un ouvrage très court et très facile à lire. Je l’ai trouvé très intéressant car il dénonce non seulement les dérives totalitaires mais nous montre aussi comment on peut endoctriner des masses par la simple manipulation de la pensée.

Par ailleurs, même s’il date de 1945 et qu’il évoque avant tout le régime soviétique, ce texte peut tout à fait être transposé à la période actuelle. On peut en effet établir des parallèles avec d’autres pays où ces pratiques ont malheureusement toujours lieu.

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Publié chez Folio (N°1516)
Titre original : Animal farm
Traduit de l’anglais par Jean Quéval
Code ISBN : 978-2-070-37516-5

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

Tous droits réservés

18 septembre 2009

Un mordu de Raymond Chandler

Une fille dénommée Isobal Snare a disparu avec son chien Voss. Le détective Carmady est alors engagé pour la retrouver. Son enquête va le mener chez un vétérinaire chez qui l’animal aurait été aperçu. Les explications du Dr Sharpe n’étant pas très satisfaisantes, il décide de le suivre…


Mon avis :

Cette nouvelle d’une centaine de pages a été écrite en 1936 et est extraite du recueil « Le jade du mandarin ». L’histoire, rythmée par des phrases courtes et des dialogues qui font mouche, n’a rien d’exceptionnel en soi.

Mais le lecteur y retrouvera avec délectation tous les ingrédients qui composent le roman noir (ou hard boiled) à savoir : une jolie fille soit disant en détresse, des méchants qui bastonnent et canardent à tout va, des flics qui puent la corruption à plein nez et enfin un détective privé grand consommateur de whisky et de cigarettes.

Pour les amateurs du genre donc et aussi les nostalgiques des films en noir et blanc.

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Publié chez Folio 2€ (N°3926) en 2003
Titre original : The man who liked dogs
Traduit de l’anglais par Henri Robillot
Code ISBN : 978-2-070-30403-5

Note : ❤️❤️❤️💛🤍

Tous droits réservés

28 août 2009

Des souris et des hommes de John Steinbeck

George et Lenny se rendent dans un ranch où ils ont trouvé du travail. George, c’est le plus petit des deux et la tête pensante. Lenny, lui, est un géant à la force incommensurable. En soi, ce n’est pas un mauvais bougre seulement un simple d’esprit qui n’a donc pas toujours conscience des actes qu’il commet. Alors, forcément, il attire les ennuis et George et lui sont toujours obligés de fuir.

Le rêve de ces deux hommes, c’est de s’offrir une ferme et d’élever des lapins - Lenny adore les lapins -. Mais pour concrétiser leur projet, ils ont besoin d’argent et ce nouvel emploi d’ouvrier agricole est une aubaine.

Là-bas, ils vont y faire la connaissance de Candy, un vieil homme à qui il manque un bras et qui est tout juste bon à balayer ; de Crooks, un palefrenier noir qui loge à l’écart de ses compagnons blancs ; de Curley, le fils du patron marié à une jolie femme provocante qui aurait aimé devenir actrice.

Et puis un jour… c’est le drame et tout bascule.


Mon avis :

Le roman « Des souris et des hommes » se situe juste après la Grande Dépression des années 30. C’est avec des mots tout simples, sans fioriture que Steinbeck évoque cette Amérique rurale pauvre et qu’il nous dresse une galerie de portraits de personnages plus paumés les uns que les autres.

C’est vrai qu’ils ont tous l’air pathétique dans leur misérable vie, que j’ai eu envie de m’apitoyer sur leur sort mais quelque part, je me suis senti attendrie, touchée et je me suis mise à rêver avec eux, à espérer jusqu’à cet évènement tragique qui nous ramène cruellement à la réalité et cette fin si bouleversante que je ne pouvais être qu’émue aux larmes.

Ce que j’ai aussi particulièrement apprécié dans ce court roman c’est cette façon qu’a l’auteur d’aborder des thèmes comme le racisme, la différence, l’amitié tout en nuances, sous-entendus ou non-dits.

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Publié chez Folio (N°37) en 1993
Titre original : Of mice and men
Traduit de l'anglais par M-E Coindreau
Code ISBN : 978-2-070-36037-6

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

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