Bonjour et bienvenue sur mon blog littéraire. Vous y trouverez mes lectures. En espérant que certaines vous donnent envie... N'hésitez pas à laisser un commentaire...
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24 mars 2026

La fille au pair de Sidonie Bonnec

Originaire de Plohernec, Emmylou se rêve grande journaliste. Lorsque Virginie, une amie lui parle de son expérience de fille au pair dans une famille aisée de Londres, la jeune lycéenne qui vient d'un milieu modeste n'a qu'une envie, partir.

Non seulement ce séjour lui permettrait d'améliorer son niveau d'anglais mais surtout de quitter cette petite bourgade bretonne où elle s'ennuie ferme.

La voilà donc qui se retrouve à Hidden Grove, un domaine privé ultra chic et sécurisé de la banlieue londonienne constitué de cinq manoirs identiques.

Au début, ses patrons, James et Monica White sont charmants et attentionnés avec elle. Mais très vite, elle comprend qu'elle est enfermée dans une cage dorée dont il sera difficile d'en sortir.

Mon avis :

Inspirée par son expérience désastreuse de fille au pair, Sidonie Bonnec (journaliste et animatrice TV) nous propose un thriller psychologique sombre.

Au début, tout semble parfait dans cette famille d'accueil et Emmylou est aux anges quand elle débarque dans cette luxueuxe banlieue londonnienne tellement loin de ses modestes origines.

Pourtant, petit à petit, au fil de la lecture, à travers des chapitres ultra-courts, on sent peu à peu la tension monter. Et d'un univers paradisiaque, on glisse sournoisement au cauchemar.

Un mécanisme d'enfermement et d'emprise se met en place tout doucement. Et Emmylou va vite déchanter. Sensée s'occuper de deux enfants, les tâches quotidiennes se cantonnent désormais uniquement au ménage.

Malgré quelques imperfections, je vous recommande ce huis-clos angoissant, oppressant dont la fin - j'admets - est très inattendue.

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Publié chez Le Livre de poche en 2024
Éditeur d'origine : Éditions Albin Michel
Code ISBN : 978-2-253-25473-7

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

15 janvier 2025

Trop de morts au pays des merveilles de Morgan Audic

Cela fait maintenant trois ans qu'Alice a disparu. La police est persuadée que Christian Andersen, son mari l'a tuée. Sauf que celui-ci, suite à un grave accident de voiture, ne se souvient absolument de rien. Il engage alors un détective privé.

Plusieurs femmes dont la ressemblance avec Alice est flagrante, ont été assassinées par un tueur en série dénommé "Le Marionnettiste", aujourd'hui incarcéré. Se pourrait-il qu'elle aussi ait été une de ses victimes ?

L'ex-lieutenant Diane Kellerman qui a participé à son arrestation et à qui on a demandé de se joindre à cette enquête est dubitative.

Mon avis :

Dès le début, le lecteur s'interroge. Tout accuse le mari et son amnésie le dessert énormément puisqu'il est incapable de fournir un alibi. C'est alors que des crimes de jeunes femmes blondes nous relancent sur la trace du Marionnettiste. Comment est-ce possible, n'est-il pas en prison ? A moins qu'on ait arrêté la mauvaise personne ? Ou bien s'agit-il d'un copieur ?

De nombreux doutes s'installent ainsi dans nos esprits habilement manipulés et embrouillés. Et lorsque d'autres indices pointent une fois de plus dans la direction du mari, cela n'arrange rien quant à la résolution de l'enquête.

Dans ce premier roman, Morgan Audic s'amuse à jouer avec nos nerfs enchaînant les fausses pistes et les rebondissements sans temps mort et surtout sans nous perdre. Car même s'il semble un peu alambiqué, l'auteur nous déroule un scénario toutefois bien ficelé, haletant avec en prime un dénouement surprenant.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2023 (N°37346)
Éditeur d'origine : Éditions du Rouergue
Code ISBN : 978-2-253-24558-2

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

Tous droits réservés

15 juillet 2024

La piste aux étoiles de Nicolas Lebel

Ancien légionnaire, Luc Mandoline est aujourd'hui thanatopracteur. Un jour, un certain Mister Wilks, mandaté par Morten Madsen, un artiste allemand, le contacte pour lui proposer un contrat de six mois payé 30000€.

Même si l'offre est alléchante, Luc refuse poliment car il s'agit de plastiner des corps. Et ce n'est pas vraiment son genre. Il a trop de respect pour les défunts.

Sauf que, lorsque son pote Franck Sauvage se fait arrêter pour trafic d'armes, il ne va pas avoir trop le choix. Interpol va lui demander de s'infiltrer et en échange, ils abandonneront les charges contre son ami.


Mon avis :

Dans "La piste aux étoiles", il est question de plastination (voir ma chronique "Le sculpteur d'âmes" de Raphaël Cardetti). Mais ici, c'est surtout l'origine des corps utilisés qui est abordée.

Pour renouveler les expositions, il faut en effet de nouvelles "sculptures" et pour répondre à cette demande toujours plus grande, il faut forcément de plus en plus de corps. Des corps sans défauts évidemment c'est-à-dire sans tatouage ou cicatrice.

Les prisonniers chinois condamnées à mort ne suffisent plus. Il faut donc aller se fournir ailleurs et ce de façon illégale. Et pourquoi pas parmi les djihadistes français transitant par la Turquie ?

Tout cela est bien glauque quand on y pense. Heureusement que l'auteur arrive à distiller dans cette histoire d'espionnage un peu d'humour noir.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2023
Éditeur d'origine : French Pulp Éditions
Code ISBN : 301-0-000-12448-1

Note : ♥️♥️♥️🤍🤍

Tous droits réservés

23 juin 2024

Trois de Valérie Perrin

Depuis son retour à Lacomelle, cité ouvrière de Saône et Loire, Virginie, œuvre comme pigiste occasionnel pour le journal local. Suite à une vidange du lac, elle apprend qu'un véhicule, volé le 17 août 1994, a été retrouvé, des ossements à l'intérieur.

Se pourrait-il que ce soit ceux de Clotilde Marais, 18 ans, disparue le même jour ? A l'époque, son petit ami s'appelait Étienne Beaulieu. Ils avaient rendez-vous mais selon lui, elle n'est jamais venue.

Etienne, Virginie le connaît bien, ainsi que Nina Beau et Adrien Bobin. C'est en 1986, en CM2, que ces trois-là se sont rencontrés et sont devenus inséparables. Ils s'étaient juré que, plus tard, ils monteraient tous à Paris.

Mais la vie en a décidé autrement. Et aujourd'hui, ils ne se parlent plus.


Mon avis :

Sur fond d'intrigue policière, le thème de "Trois" est avant tout axé sur l'amitié, cette amitié qu'on se jure éternelle quand on est enfant et qui, au fil du temps qui passe, à cause de l'éloignement, d'autres chemins pris, de promesses non tenues, de trahisons finit par s'étioler.

Malgré quelques longueurs, j'ai adoré ce roman qui alterne le récit de Virginie (dont on découvrira l'identité à la fin) avec ces épisodes se déroulant pendant l'enfance de Nina, Adrien et Étienne. Tout d'abord parce que je me suis revue à leur âge et surtout parce que je me suis retrouvée plongée dans les années 70-80.

Dans cette histoire, il y a en effet beaucoup de références qui parleront aux plus de quarante-cinq ans et qui provoqueront peut-être chez certains un peu de nostalgie ou un vrai bain de jouvence comme cela a été le cas pour moi.

D'abord, il y a cette formidable bande-son composée par les chansons d'Indochine, INXS, Depech Mode, The Cure et j'en passe... que je n'ai pas pu m'empêcher de fredonner; ensuite ces émissions télé de Dechavanne et Delarue que je regardais.

En conclusion, je dirais bravo à Valérie Perrin qui a su décrire une histoire bouleversante, émouvante tout en dépeignant avec justesse une époque et en abordant aussi des sujets sociétaux actuels.

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Publié chez Livre de Poche en 2022
Code ISBN : 978-2-253-12539-6
Éditeur d'origine : Albin Michel

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

Tous droits réservés

15 avril 2024

La capture de Nicolas Lebel

Un homme suspecté d'être Andro Dragović, un criminel de guerre croate se serait réfugié sur l'île de Morguélen en Bretagne sous l'identité d'Andras Petrovácz, un prêtre catholique d'origine hongroise. Bientôt dix ans que l'OCLCH (office de lutte contre les crimes contre l'humanité) le surveille sans jamais avoir pu prouver quoi que ce soit.

Raphaël Romero, capitaine de police, qui se remet difficilement d'un burn-out et toujours à fleur de peau, est envoyé sur l'île où il doit relayer le major Christian Mortier.

Alors qu'il ne leur reste plus que six semaines avant prescription pour démasquer l'imposteur, débarque la lieutenante Chen à la recherche d'Alecto, un tueur à gages qui, lui aussi, se serait réfugié à Morguelen.

Mon avis :

D'emblée, j'ai détesté Yvonne Chen, personnage aussi froid que le crachin breton (ça lui apprendra à critiquer la Bretagne!).

Peut-être aurais-je dû lire avant "Le gibier". Car, même si l'auteur rappelle quelques éléments (et déflore ainsi, je suppose, le dénouement du tome 1), je pense que cela m'aurait été utile pour mieux comprendre ses véritables motivations, son désir insatiable de vengeance et surtout expliquer son côté si antipathique.

Concernant ces tueurs appelés "Les Furies" après qui elle court, là encore certains détails m'ont échappé. Toujours est-il que l'arrivée de Chen sur l'île va chambouler le tempo du roman.

Au début, l'ambiance est en effet plutôt plan-plan, Romero et Mortier passant leur temps à espionner presqu'en dilettante le prêtre depuis la maison située juste en face de l'église. Puis le rythme s'accélère enfin avec cette chasse au trésor, son lot de faux-semblants, de jeux de dupes, de rebondissements et cette fin surprenante.

Au final, une intrigue divertissante porté par l'humour un peu noir de l'auteur mais sans plus.

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Publié chez Le Livre de Poche (N°36818)
Code ISBN : 978-2-253-94141-5
Éditeur d'origine : JC Lattès

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

21 décembre 2023

Le murder club du jeudi de Richard Osman

Coopers Chase est un village retraite haut de gamme où vivent notamment Joyce une ancienne infirmière, Ibrahim un ex-psychiatre et Ron un ancien syndicaliste. A l'initiative d'Elizabeth, une autre résidente, ils participent tous les jeudis à un murder club. Ce passe-temps un peu particulier consiste à essayer de résoudre de vieilles affaires policières.

Jusqu'au jour où les détectives amateurs sont confrontés à un cas bien plus intéressant : l'assassinat de Tony Curran, entrepreneur en construction et associé du directeur, Ian Ventham avec lequel il avait eu récemment des mots.


Mon avis :

Bien que ce livre ait rencontré un vif succès au Royaume-Uni - et c'est sans doute pour cela que je l'avais acheté -, j'ai été un peu déçue.

Je m'attendais en effet à des situations cocasses, des dialogues croquignolesques de la part de cette bande de "petits vieux" et me réjouissais à l'idée qu'ils puissent résoudre cette enquête. Malheureusement, l'humour anglais dont je suis très friande, je le cherche encore.

J'ai trouvé par ailleurs qu'il y avait beaucoup trop de longueurs, trop de personnages secondaires. La multiplication des histoires et des fausses pistes rend, elle aussi, la lecture pénible. J'ai fini par m'y perdre.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2022 (N°36460)
Éditeur d'origine : JC Lattès
Titre original : The thursday murder club
Traduit de l'anglais par Sophie Alibert
Code ISBN : 978-2-253-19765-1

Note : ♥️♥️🧡🤍🤍

Tous droits réservés

10 décembre 2023

La commode aux tiroirs de couleurs d'Olivia Ruiz

A la suite du décès de sa grand-mère (l'abuela en espagnol), une jeune femme hérite d'une commode aux tiroirs de couleur. Dans chacun d'entre eux, elle y découvre un objet et une lettre liés à un pan de l'histoire familiale.

Tout commence quand Rita, âgée de dix ans, et ses deux sœurs, Leonor (16 ans) et Carmen (6 ans) sont envoyées en France pour échapper au franquisme et se retrouvent ainsi à vivre chez leur oncle dans un immeuble délabré du quartier gitan de Narbonne.


Mon avis :

"La commode aux tiroirs de couleurs" est avant tout un livre sur la nécessité de transmettre son histoire familiale. Savoir d'où l'on vient est important et surtout il n'y a rien de pire que les secrets, les non-dits.

A travers la vie de Rita, Olivia Ruiz nous décrit aussi celle de tous ces Espagnols qui ont dû quitter leur terre natale et s'exiler en France. Cette France où tous ces déracinés vont vite se sentir rejetés. Pour mieux s'intégrer et paraître Française, Rita va même, à un moment donné, jusqu'à gommer son accent et changer de nom pour celui de Joséphine Blanc (coïncidence ? mais Blanc est le véritable nom d'Olivia Ruiz).

Enfin, ce roman est aussi un hymne à plusieurs générations de femmes fortes et libres qui ont su faire face à des évènements douloureux et les surmonter.

Pour un premier roman, Olivia Ruiz s'en sort plutôt bien. L'histoire est touchante et a une certaine résonance avec ma propre histoire. Mes grands-parents polonais sont arrivés en France au début des années 20. Je ne les ai jamais connus et ne sais quasiment rien sur eux.

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Publié chez Le Livre de Poche (N°36148) en 2020
Éditeur d'origine : JC Lattès
Code ISBN : 978-2-253-07965-1

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

19 novembre 2023

Le jour d'avant de Sorj Chalandon

Le 27 décembre 1974, 42 mineurs de la fosse Saint-Amé à Liévin périssent à cause d'un coup de grisou. Parmi eux, Joseph Flavent. Mais comme celui-ci est mort de ses blessures quelques jours plus tard à l'hôpital, il ne sera pas considéré comme une victime. Le père, qui se suicidera peu de temps après, fera jurer à son plus jeune fils, de les venger de la mine.

Ce n'est que quarante ans plus tard, juste après le décès de sa femme Céline, que Michel reviendra dans le Nord pour retrouver Lucien Dravelle et se venger de ce porion qu'il juge responsable de la catastrophe. Celui-ci, pour des raisons économiques, avait en effet omis de prendre toutes les précautions pour sécuriser l'endroit.


Mon avis :

Même après avoir quitté sa région d'origine, s'être marié, Michel n'arrive toujours pas à faire le deuil de la mort de son frère. Il se met à collectionner des objets liés à la mine, érigeant ainsi une sorte de mausolée à sa mémoire.

La douleur, la colère sont toujours là au plus profond de lui. Elles le rongent comme la poussière de charbon grignote les poumons des mineurs. Il doit absolument réparer cette injustice, faire honneur à la promesse faite à son père. Et c'est pourquoi il va se lancer dans cette quête éperdue pour retrouver le coupable. Aujourd'hui, Lucien Dravelle est un vieil homme très malade. La mine ne l'a pas épargné et il n'est plus que l'ombre de lui-même. Pour autant, Michel s'obstine à vouloir lui faire payer.

Dans son livre, Sorj Chalandon rend avant tout hommage à toutes ces gueules noires qui ont trimé au fond de galeries, dénonce leurs conditions de travail et cette volonté du rendement à tout prix.

Son tour de force est qu'il a su greffer habilement des éléments fictionnels à cette catastrophe bien réelle, conjuguer ainsi mémoire collective et drame personnel sans pour autant porter atteinte aux vraies victimes.

Il a su par ailleurs, créer un retournement de situation qui vous laisse sans voix. Michel est tellement obsédé par sa vengeance, tellement obnubilé par la mort de ce frère qu'il idolâtrait, que sa perception de la vérité s'en trouve quelque peu faussée. Et par là même, celle du lecteur.

Tout au long de cette histoire, j'ai été submergée par l'émotion, les pleurs. Sans doute parce qu'elle me ramenait à ma propre histoire, à ce grand-père polonais venu travailler dans les mines du Nord et mort de silicose.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2018
Editeur d'origine : Grasset
Code ISBN : 978-2-253-07379-6

Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

Tous droits réservés

31 mars 2023

Le bal des folles de Victoria Mas

1885. Eugénie Clery, jeune fille de bonne famille, a le don de voir les morts et de converser avec eux. Malheureusement, son père ne voit pas cela d'un très bon œil et pour éviter tout déshonneur décide de l'interner à la Salpêtrière dans le service des hystériques du professeur Charcot.

A son arrivée, des aliénées s'affairent à essayer des costumes. Elles sont toutes excitées car bientôt aura lieu le bal de la mi-carême où le Tout-Paris viendra les admirer.

Parmi elles, il y a Louise, une adolescente de 16 ans que son oncle a violée à 13 et Thérèse, une prostituée qui a poussé son proxénète, il y a 20 ans, dans la Seine et qui passe son temps à tricoter.

Geneviève Gleizes, l'infirmière intendante, qui voue un véritable culte au neurologue veille au grain. Cependant, celle qui d'ordinaire est cartésienne devient perplexe lorsqu'Eugénie évoque Blandine, sa soeur décédée.


Mon avis :

Saviez-vous que le mot "hystérie" venait d'un mot grec signifiant "utérus" ? Et qu'au XIXè siècle, pour soigner cette maladie "typiquement féminine", il suffisait simplement d'exercer une forte pression sur les ovaires ou d'insérer un fer chaud dans le vagin ?

Il ne faisait vraiment pas bon d'être une femme à cette époque. Si vous vouliez vous débarrasser de votre épouse ou de votre fille, il suffisait de l'accuser de comportement anormal pour pouvoir l'interner à la Salpêtrière avec la certitude qu'elle n'en sortirait jamais.

Après avoir été une prison puis un hospice, ce lieu est devenu un hôpital pour aliénées où l'éminent professeur Charcot, procédait une fois par semaine à une séance publique d'hypnose. Dans le roman, c'est Louise qui se prête à l'expérience. Celle-ci est fière d'avoir été choisie, ne se rendant même pas compte qu'elle n'est en fait qu'un objet de curiosité malsaine.

Le bal de la mi-carême où les patientes se déguisent et se maquillent est l'occasion lui aussi d'exhiber ces "folles" à tout le gratin parisien.

Basé sur des faits réels, "Le bal des folles" est le témoignage d'une époque que Victoria Mas a su très bien dépeindre. Elle y évoque de façon très documentée non seulement les balbutiements de la neurologie avec l'expérimentation notamment de l'hypnose pour déclencher des convultions, des crises d'épilepsie mais aussi les conditions désastreuses des femmes au XIXè.

C'est un livre poignant, émouvant, un véritable réquisitoire contre la toute puissance des hommes que je vous recommande chaudement.

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Publié chez Le livre de poche (N°36078) en 2021
Editeur d'origine : Albin Michel
Code ISBN : 978-2-253-10362-2

Note : ❤️❤️❤️❤️🧡

Tous droits réservés

16 février 2023

Quand nos souvenirs viendront danser de Virginie Grimaldi

Quand le maire de Trolidan annonce aux habitants de l'Impasse des Colibris la démolition de leurs maisons pour y construire à la place une école primaire, ceux-ci ne comptent pas se laisser faire.

Malgré les différends qui ont pu s'installer entre eux au fil des années, ces six octogénaires ont décidé de s'unir et de monter des actions ensemble car c'est soixante trois ans de vie commune, de souvenirs qu'ils vont devoir mettre derrière eux.

Le maire entendra-t-il leurs revendications ? Réussiront-ils à le convaincre de ne pas les exproprier, sachant que lui aussi est lié à ce quartier ?


Mon avis :

"Quand nos souvenirs viendront danser" est une histoire qui donne matière à réflexion sur le temps qui passe, la nostalgie, la vieillesse, la maladie, les rapports décalés entre générations.

Le roman alterne les faits actuels avec certaines périodes clés du passé racontées dans le journal intime de Marceline. Le lecteur découvre ainsi comment les amitiés se sont nouées entre les personnages, assiste aux événements tragiques qui vont parcourir leur vie et les éloigner.

Dans ce groupe d'"Octogéniaux", il y a d'abord le couple Marceline et Anatole. Marceline, qui, dans les années 50, n'était qu'une simple mère au foyer bonne à faire la cuisine, le ménage et tricoter, va peu à peu s'émanciper. Anatole, lui, va progressivement se mettre aux tâches ménagères. Bref, à travers ces soixante trois années de vie commune, c'est aussi l'évolution de la société, de ses mœurs, ses mentalités que Virginie Grimaldi décrit.

Il y a ensuite Rosalie, ex coiffeuse, femme libre qui a toujours su profiter de la vie; Joséphine dont l'excentricité peut prêter à sourire, Gustave et Marius le chef de la bande.

Les actions menées peuvent certes parfois paraître dérisoires et ridicules mais elles redonnent un semblant de jeunesse à toutes ces personnes âgées pour qui ce combat est surtout l'occasion de les rapprocher à nouveau. C'est attendrissant, touchant, émouvant.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2020
Code ISBN : 978-2-253-93418-9
Éditeur d'origine : Fayard

Site de l'auteure : https://virginiegrimaldi.com

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

04 juin 2022

Tempête à Cape Cod de Carol Higgins Clark

Cela fait un an tout juste que Regan et Jack Reilly sont mariés. Pour l'occasion, le couple a décidé de délaisser ses activités professionnelles à New-York pour un weekend en amoureux à Cape Cod. Malheureusement, leur séjour va être perturbé par différents événements.

Tout d'abord, ils se retrouvent à héberger les sœurs Brewer, Fran et Ginny, qui habitent la maison d'à côté. Car à cause de la tempête, une branche d'arbre s'est cassée et a demoli la fenêtre de leur façade.

Ensuite, Adele Hopkings, une discrète retraitée, qui vient d'emménager dans la région, a été emportée par les vagues. Sa disparition va susciter un vif emoi et le couple Reilly va tout mettre en œuvre pour retrouver sa famille.


Mon avis :

Ce roman sans prise de tête est certes très plaisant à lire mais cela ne suffit pas pour en faire un bon roman. Il semblerait que pour "Tempête sur Cape Cod" Carol Higgins Clark ait manqué un peu d'inspiration, d'imagination.

J'ai trouvé en effet que l'intrigue était assez faiblarde, pas assez travaillée, pas assez structurée. Certains passages m'ont semblé par ailleurs superflus.

Le style est plat, sans relief. Quant à l'aspect vaudevillesque, qui m'avait beaucoup plu et fait rire dans "Irish coffee", il est ici tout simplement complètement raté. Bref, un peu décevant.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2013
Titre original : Wrecked
Traduit de l'anglais par Béatrice Taupeau
Code ISBN : 978-2-253-17376-2

Site de l'auteure : www.carolhigginsclark.net

Note : ♥️♥️🧡🤍🤍

Tous droits réservés

28 mai 2022

Nécrologie de Paul Cleave

La vie de Theodore Tate a complètement basculé, il y a deux ans, lorsque sa femme et sa fille de six ans ont été fauchées par un chauffard alcoolisé. Sa femme, qui a réchappé de l'accident, est depuis dans un état catatonique. Ancien flic désormais reconverti en détective privé, il est mandaté pour superviser l'exhumation de Henry Martins, un directeur de banque décédé à la même époque.

Cependant, suite à un glissement de terrain dû à des pluies torrentielles, trois corps remontent à la surface du lac qui jouxte le cimetière de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Bruce Alderman, le gardien prend alors la fuite à bord d'une camionnette.

Dans le cercueil déterré, on découvre par ailleurs le cadavre d'une jeune femme à la place du banquier. Tate décide de mener sa propre enquête et grâce à une inscription sur la bague de la victime, il parvient à découvrir son identité.


Mon avis :

Cette sordide intrigue se déroule essentiellement autour de ce cimetière et plus particulièrement autour du père Julian qui adore visiblement cultiver les secrets et pas seulement ceux entendus en confession.

Theodore Tate (le narrateur), brisé par un drame familial, est devenu un homme tourmenté, désabusé, capable de franchir la ligne rouge. Lui aussi cache un terrible secret. Il sombre peu à peu dans l'alcool. Le lecteur assiste impuissant à sa déchéance et se perd dans ces errances au risque de décrocher parfois à cause de certaines longueurs.

Cette histoire n'est certes pas facile car elle aborde de douloureux thèmes. Et quelques petites pointes d'humour noir auraient peut-être pu dédramatiser certaines situations. C'est ce qui m'avait d'ailleurs beaucoup plu dans "Un employé modèle" (On notera au passage les petits clins d'œil faits au Boucher dans "Nécrologie"). Malheureusement, je n'ai pas retrouvé ici ce ton caustique qui aurait pu m'arracher quelques sourires en coin.

Avec son premier roman, Paul Cleave avait mis la barre très haut et je m'attendais sûrement à ce qu'il récidive. D'où ma légère déception. Il n'en reste pas moins que le livre est dans son ensemble convenable avec un dénouement surprenant.

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Publié chez Le Livre de Poche (N°33230) en 2014
Titre original : Cemetery lake
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Code ISBN : 978-2-253-16499-9

Site de l'auteur : www.paulcleave.com

Note : ♥️♥️♥️🤍🤍

Tous droits réservés

15 mai 2022

L'empereur blanc d'Armelle Carbonel

Bienvenue à Crescent House, une vieille demeure délabrée située dans un trou perdu en Arkansas où, en 1965, un drame horrible est survenu. Billy Ellison, un écrivain noir et Myra sa femme - qui, elle, est blanche - y ont en effet péri dans un incendie déclenché par des membres du Ku Klux Klan.

Anton, l'actuel propriétaire, a invité quatre de ses collègues auteurs de romans noirs pour un atelier d'écriture. Car quoi de mieux que cet endroit lugubre où les fantômes du passé hantent encore les murs pour trouver l'inspiration, stimuler sa créativité ? Malheureusement, avant même l'arrivée des autres, Dan se retrouve séquestré quelque part dans la maison.

Pendant ce temps-là, dans la ville voisine de Shannon Hills, la famille Appermind est sauvagement assassinée. Y aurait-il un rapport entre ses deux affaires ? C'est ce que va essayer de découvrir l'officier Dudley.


Mon avis :

Dans la première partie, le lecteur est plongé dans l'atmosphère bien flippante d'un film d'épouvante. On y retrouve d'ailleurs tous les codes du genre : la maison isolée en pleine tempête avec un passé bien macabre; la porte accédant aux combles qui est condamnée et qu'on a envie de franchir tellement on veut savoir quel secret se cache derrière; la présence d'un miroir brisé, symbole même du passage vers un autre monde.

Il y a ensuite cette sensation des personnages d'être constamment épiés, en danger, les suspicions qui s'installent. Bref, la tension est à son maximum et on tremble de peur pour eux. Un huis clos vraiment angoissant, anxiogène où on se demande qui va être la prochaine victime.

La deuxième partie, quant à elle, est totalement axée sur l'enquête policière. Un des personnages qui a réchappé est hospitalisé. Le récit devient alors plus ancré dans le réel, le rationnel avec la recherche de preuves concrètes. Tout le contraire de la première partie où on flirtait parfois avec le surnaturel, le paranormal à cause de certains événements inexplicables.

Enfin, les incursions dans les années 60-70 avec pour toile de fond le racisme, nous apportent, elles aussi, des éléments nous permettant de comprendre ce qui s'est réellement passé à Crescent House de nos jours. Et quand peu à peu on devine ce que le destin tragique de Billy Ellison a engendré, on se dit qu'Armelle Carbonel nous a bien manipulés. Et ce qui paraissait jusque là inexplicable, incohérent prend alors tout son sens.

Au final, elle nous délivre un incroyable thriller psychologique. A lire absolument.

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Publié chez Le Livre de poche (N°36422) en 2022
Code ISBN : 978-2-253-10771-2
Éditeur d'origine : Fayard
Page officielle de l'auteur sur Facebook

Note : ❤️❤️❤️❤️🧡

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12 mars 2022

Plus fort qu'elle de Jacques Expert

Patrick Maisonnave est responsable des ventes chez Meneret et fils à Bordeaux. Depuis deux ans, il entretient une liaison avec son assistante.

Raphaëlle Constantino finit par quitter son mari et ses enfants afin de pouvoir vivre au grand jour sa relation avec Patrick, l'homme de sa vie. Celui-ci, par contre, ne semble pas vraiment pressé de divorcer, trouvant toujours une bonne excuse pour retarder l'échéance.

Et c'est là que Cécile Maisonnave est victime d'une chute dans les escaliers de sa maison. Serait-ce un simple accident ? Apparemment non puisqu'il semblerait qu'on l'ait frappée et poussée. Les soupçons se portent tout naturellement, dans un premier temps, sur le mari. Mais comme son alibi a l'air irréfutable, c'est la maîtresse qui est ensuite dans le viseur.


Mon avis :

Au travers des flash-backs et des PV d'audition de l'enquête, on remonte le fil de cette histoire d'amour passionnelle et dévastatrice entre Patrick et Raphaëlle. Très rapidement, le lecteur est mis dans la confidence et sait qui a tué Cécile Maisonnave et pour quelles raisons.

Il découvre surtout comment l'assassin a méticuleusement planifié son forfait depuis des mois dans les moindres détails pour créer le crime parfait. Et aussi, comment il a réussi à mettre en œuvre petit à petit tout un mécanisme basé sur le mensonge et la manipulation de son entourage pour faire accuser quelqu'un d'autre. C'est fou comme certaines personnes sont douées pour instiller le doute dans votre esprit ou vous retourner complètement le cerveau sans que vous vous en aperceviez.

Dès le début, j'ai été happée dans cet engrenage machiavélique et je n'avais qu'une envie, celle de savoir comment la victime de cette machination allait pouvoir s'en sortir tellement l'emprise sur elle était trop forte.

En conclusion, je dirai que c'est un thriller psychologique haletant qu'il est impossible de lâcher avec une fin assez surprenante.

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Publié chez Le Livre de Poche (N°36267) en 2021
Code ISBN : 978-2-253-07944-6

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

02 février 2022

De soleil et de sang de Jérôme Loubry

Dans le quartier huppé de Piéton-Ville de Port-au-Prince en Haïti, Paul et Marie Devaucoux, des Canadiens ayant fait fortune dans l'exportation de café et de bananes, sont retrouvés morts atrocement mutilés. Sur les corps a été déposé un origami en forme de cercueil avec à l'intérieur les mots "Baron Kriminel", synonyme de vengeance. C'est le deuxième couple quinquagénaire, blanc qu'on découvre en une semaine.

Aurait-on affaire à des crimes vaudous comme le laisse entendre la presse locale ? L'inspecteur Simon Bélage est convaincu du contraire. Grâce à sa fille Rachelle, son enquête va le mener jusqu'à cette bâtisse de style gingerbread qui abritait autrefois un orphelinat, dénommé la Tombe Joyeuse et qui est maintenant fermé depuis une vingtaine d'années.


Mon avis :

Qui dit Haïti, dit forcément vaudou. Là-bas, c'est une véritable religion et Jérôme Loubry ne pouvait pas ne pas l'évoquer. Cela confère à ce thriller bien ficelé une atmosphère assez oppressante sans toutefois sombrer dans l'occultisme absolu.

L'auteur en profite surtout pour dénoncer une société haïtienne toujours en proie à la corruption où les conditions des enfants sont vraiment déplorables. Beaucoup de parents pauvres sont ainsi amenés à placer leurs enfants chez des familles aisées, pensant naïvement leur offrir un meilleur avenir.

Mais ces restavek ou lapourça (nom qu'on donne à ces enfants) ne sont ni plus ni moins que des esclaves, victimes parfois d'abus sexuel. Et que dire de tous ceux qui sont enlevés dans la rue et ensuite proposés à l'adoption à de riches Américains ou Européens via des orphelinats ou associations humanitaires pour des sommes exorbitantes ? Le tout sous la bienveillance des autorités à qui on aura versé au passage un pot-de-vin.

Dans ce roman extrêmement bien documenté, Jérôme Loubry nous raconte d'ailleurs, en parallèle, l'histoire de ces six gamins, un peu "particuliers" qui se retrouvent en 1984 à la Tombe Joyeuse, où il va leur arriver bien des choses.

Une fois refermé, ce livre ne vous laisse pas indifférent par toutes ces questions qu'il vous pose. Haïti a beau être aujourd'hui une démocratie, il n'en reste pas moins que l'ombre des dictateurs François et Jean-Claude Duvalier (alias Papa Doc et Baby Doc) et de leurs terribles Tontons Macoute plane toujours.

⚠️ Attention ! Certaines scènes peuvent heurter les âmes sensibles.

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Publié chez Le Livre de Poche en 2021
Code ISBN : 978-2-253-07949-8
Éditeur d'origine : https://calmann-levy.fr

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Note : ❤️❤️❤️❤️🤍

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31 janvier 2022

La révolte des accents d'Erik Orsenna

Jeanne, une jeune fille, décroche un emploi d'assistante auprès de Fernando, le capitaine du port dont la vue n'est plus ce qu'elle était. Sa mission consiste donc à scruter la mer à sa place et d'avertir l'arrivée des bateaux. Malgré la superbe vue au sommet du phare, elle commence à s'ennuyer car rien ne se passe à l'horizon. Jusqu'au jour où, une jonque accoste. A bord, des comédiens venus présenter leur pièce de théâtre.

Le souci, c'est qu'en repartant, les épices ont décidé d'embarquer sur la jonque. Et les accents, qui en ont assez d'être maltraités voire pire oubliés, vont en faire autant. Le résultat est, que tout le monde s'exprime désormais sans accents. Jeanne va alors mettre le cap vers l'Inde.


Mon avis :

Il y a quelques années, j'avais eu l'occasion de lire "La grammaire est une chanson douce". Et j'avais plutôt bien apprécié l'histoire. C'est donc tout naturellement que je m'étais ensuite procuré "La révolte des accents". L'idée de mettre sur le même plan le rôle des accents dans la langue française et celui des épices dans la cuisine est intéressante. L'accent, selon qu'il est grave ou aigu donne, en effet, une saveur différente au mot.

D'aucuns vous diront qu'ils ne servent à rien. Pourtant, ils permettent, dans certains cas, de remplacer une lettre (par exemple le "s" dans forêt, hôpital, hôtel...) ou dans d'autres de pouvoir différencier les homonymes (mur/mûr, jeune/jeûne, ou/où...). Dommage que ces éléments ne soient que vaguement évoqués.

Concernant le style de l'auteur, on peut souligner quelques phrases poétiques. Mais, malgré cela et même si ce livre m'a aussi donné l'occasion de découvrir quelques accents étrangers comme le kljukica en Slovénie, j'ai eu un peu de mal à accrocher à l'histoire. J'ai trouvé, en effet, qu'elle partait un peu dans tous les sens. Le charme, cette fois-ci, n'a malheureusement pas opéré. Peut-être attendais-je beaucoup plus de la part d'un membre de l'Académie Française.

PS : Il se peut que j'ai malencontreusement oublié certains accents et dans ce cas, je vous (sous-entendu les accents) présente mes plus plates excuses. Je vous respecte trop pour vous négliger. Quant à vous, les mots comme huître, maître, pour qui, paraît-il, on peut supprimer l'accent circonflexe sur le "i", rassurez-vous, je continuerai à le mettre.

A noter : les très belles illustrations de Montse Bernal

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Paru chez Le Livre de Poche (N°31060) en 2007
Code ISBN : 978-2-253-12400-9

Site de l'auteur: www.erik-orsenna.com

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

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13 août 2021

Irish coffee de Carol Higgins Clark

Regan et Jack Reilly, fraîchement mariés, ont décidé de passer leur voyage de noces en Irlande, sur la terre de leurs ancêtres. Malheureusement, leur première nuit dans le luxueux château-hôtel dans lequel ils sont descendus va se transformer en cauchemar à cause d'un début d'incendie. En fait, c'est juste une diversion car pendant ce temps-là, une nappe en dentelle est dérobée. Mais pas n'importe quelle nappe! Il s'agit de celle ouvragée au XVIIIème siècle par May Reilly dont le fantôme accessoirement hante les lieux.

Par ailleurs, les voleurs ne sont pas non plus n'importe qui puisqu'il s'agit des tristement célèbres Jane et John Doe après qui toutes les polices du monde courent depuis sept ans. D'habitude, ils ne volent que d'onéreux bijoux, mais l'idée de narguer Jack, le chef de la brigade new-yorkaise, était trop tentant et trop excitant.

Mon avis :

"Irish coffee" n'a absolument rien avoir avec un thriller. Normalement, dans un thriller, le lecteur est en proie à des émotions fortes, ce qui n'est pas le cas ici, même s'il est vaguement question de fantôme. Je qualifierai ce livre plutôt de théâtre burlesque, de comédie légère où les péripéties s'enchaînent pour nous offrir quelques moments de franche rigolade.

Concernant les personnages, ceux de Sheila et Brian O'Shea sont vraiment croquignolesques avec leur côté pieds nickelés. Quant au couple, Jane et John Doe, les voleurs qui se croient totalement insoupçonnables, tout ne va pas non plus se passer comme ils le souhaiteraient et vont devoir faire face, eux aussi, à des situations cocasses. Je pense notamment à la scène avec le dentiste.

Pas de meurtre donc dans cette histoire, pas de vrais méchants et dès le début, on connaît les responsables du vol. Le suspense est donc loin d'être insoutenable. Il n'en reste pas moins que l'intrigue est bien menée, bien construite et que le style de l'auteure est agréable à lire.

Un bon divertissement avec en toile de fond la verte et pluvieuse Irlande, terre de mystères et de légendes.

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Publié chez Le livre de poche en 2010
Titre original : Laced
Traduit de l'américain par Michel Ganstel
Code ISBN : 978-2-253-12705-5

Site de l'auteure : www.carolhigginsclark.net

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

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11 octobre 2009

Sépulcre de Kate Mosse

Octobre 1891 : Anatole Vernier, après une campagne de dénigrement fomentée à son encontre par Victor Constant est contraint de quitter Paris. Il part alors s’installer chez sa tante Isolde au Domaine de la Cade, situé non loin de Carcassonne et emmène avec lui sa jeune sœur Léonie. Celle-ci en se promenant dans les bois va découvrir fortuitement les ruines d’un sépulcre wisigoth et mettre la main sur un jeu de tarot aux pouvoirs dit-on de vie et de mort.

Octobre 2007 : Meredith Martin s’est lancée dans l’écriture d’une biographie sur le compositeur Claude Debussy et les femmes qu’il a aimées. Ses recherches la conduisent en France et notamment dans les environs de Carcassonne.

Mais ce voyage est aussi l’occasion pour elle de renouer avec ses origines familiales. Munie seulement d’une photo et d’une partition pour piano intitulée « sépulcre 1891 », elle compte bien enfin trouver des réponses à ses questions.


Mon avis :

Dans ce roman fleuve de plus de 800 pages nous sommes alternativement transportés dans l’atmosphère très surannée, feutrée et romantique du 19ème siècle et celle très contemporaine, moderne du 21ème avec en toile de fond la magnifique région de Carcassonne. Nous y faisons ainsi la connaissance de deux héroïnes à deux époques différentes dont les destinées – on s’en doute - vont fatalement se croiser.

Même si ce roman est facile à lire et que je me suis laissée emporter agréablement dans cette distrayante aventure, j’ai trouvé qu’il comportait beaucoup de longueurs, que Kate Mosse se dispersait un peu dans des descriptions détaillées inutiles et empreintes de clichés à l’eau de rose.

Je regrette aussi qu’elle n’ait pas creusé plus en profondeur le côté occulte, obscure de l’histoire, ce qui lui aurait conféré ainsi une dimension plus inquiétante, angoissante. Bref j’aurais aimé frissonner un peu plus.

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Publié chez Le Livre de Poche (N°31382) en 2009
Titre original : Sepulchre
Traduit de l’anglais par Valérie Rosier et Denyse Beaulieu
Code ISBN : 978-2-253-12697-3

Note : ❤️❤️❤️💛🤍

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23 août 2009

Rien ne vaut la douceur du foyer de Mary Higgins Clark

Célia, mère d’un petit garçon de 4 ans vient de se remarier avec Alex Nolan. Celui-ci, en guise de cadeau d’anniversaire, lui offre une magnifique maison à Mendham. Seulement voilà, il se trouve qu’un drame horrible a eu lieu dans cette demeure, il y a 24 ans : Liza, une petite fille de 10 ans a accidentellement tiré sur sa mère et depuis, la maison a mauvaise réputation. D’ailleurs, à peine ont-ils emménagé que des actes de vandalisme sont perpétrés.

Cependant, si Célia semble si choquée, c’est qu’en réalité, elle n’est autre que cette petite fille qui a malencontreusement tué sa mère. Alors évidement, comment faire comprendre à son mari que son cadeau ne lui fait pas plaisir sans devoir lui révéler ce lourd secret qu’elle garde depuis si longtemps et qu’elle n’a jamais osé lui avouer.

Il y a bien une solution pour parer à cela, c’est d’exiger que l’agent immobilier lui trouve une autre maison. Malheureusement, celle-ci est assassinée puis c’est au tour d’un jardinier. Très vite Célia est suspectée. L’étau se resserre sur elle de plus en plus sans compter que quelqu’un semble connaître sa véritable identité. Mais comment donc parviendra-t-elle à s’en sortir ?


Mon avis :

Côté personnages et histoire, pas beaucoup d’originalité. Une fois de plus nous avons affaire à une jolie jeune femme qui a tout pour réussir dans la vie (une belle situation professionnelle, un mari, un enfant adorable…) et qui se retrouve soudain confrontée à un pan de son passé qu’elle croyait définitivement enterré. Pour les inconditionnels, il peut donc y avoir comme un air de déjà lu.

Ceci dit, je retiendrai que, dans l’ensemble, c’est plutôt un bon thriller car côté suspense, il n’y a rien à dire, Mary Higgings Clark excelle toujours en la matière. Elle sait faire monter la tension à son extrême, couper l’histoire juste quand il le faut c’est-à-dire au moment précis où… on allait découvrir que… Bref, jusqu’au bout elle sait nous tenir en haleine. D’ailleurs, la fin est très surprenante et franchement jamais je n’aurais pu songer un seul instant que le coupable était…

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Publié chez Le livre de poche (N°37183) en 2006
Titre original : No place like home
Traduit de l'américain par Anne Damour
Code ISBN : 978-2-253-11635-6

Site de l'auteur : http://www.m-higgins-clark.com/

Note : ❤️❤️❤️💛🤍

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