Bonjour et bienvenue sur mon blog littéraire. Vous y trouverez mes lectures. En espérant que certaines vous donnent envie... N'hésitez pas à laisser un commentaire...
Retrouvez-moi aussi sur Bouquin Mystère mon autre blog.

Affichage des articles dont le libellé est littérature étrangère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littérature étrangère. Afficher tous les articles

10 mars 2026

Meurtre à Balmoral de Chris McGeorge

Au château de Balmoral, la famille Windsor s'est réunie pour fêter Noël. Pour l'occasion, Jonathan Alleyne, le chef cuisinier personnel du roi Jeffrey a concocté un somptueux repas.

Tout se passe pour le mieux jusqu'au discours tant attendu du roi. Cependant, à peine a-t-il prononcé quelques mots, qu'il s'effondre raide mort. Juste auparavant, il venait de boire un whisky dont la bouteille avait été ouverte quelques heures plutôt et laissée à décanter au vu de tous.


Mon avis :

Nous avons affaire ici à une uchronie c'est-à-dire à un récit d'événements fictifs à partir d'un point de départ historique. En clair, si Édouard VIII n'avait pas abdiqué pour se marier avec Wallis Simpson, il se serait peut-être passé ce qui s'est passé dans ce roman.

Dès le prologue, le lecteur apprend que le roi est mort empoisonné et que l'auteur du crime fait partie des invités, ce qui signifie logiquement un membre de la famille. Comment est-ce donc possible ?

Jon a été désigné pour mener l'enquête. Pas facile pour lui, le subalterne, d'interroger ces illustres personnages sans heurter leur royale susceptibilité ou se faire rabrouer comme un malpropre.

Parmi les principaux suspects, il y a d'abord l'épouse qui n'a jamais supporté qu'on lui refuse le titre de reine. Pas très commode, elle a un gros penchant pour l'alcool.

Ensuite, il y a David, le frère du roi, empêtré dans des histoires de mœurs et exilé en Nouvelle-Zélande. Toute ressemblance avec un prince existant... n'est sûrement pas fortuite.

Bref, la famille royale qui se doit d'être impeccable en toutes circonstances en public semble cacher quelques vilains petits secrets, finalement comme le commun des mortels. Et c'est très jouissif que de les voir s'entre-déchirer. Mais, je vous rassure, à la fin, l'honneur reste sauf.

*******

Publié chez Archipoche en 2024
Titre original : Murder at the castle
Traduit de l'anglais par Anne-Judith Descombey
Code ISBN : 979-1-039-20558-0

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

19 mai 2025

Le crime du SS Orient de C.A Larmer

Grâce à un bon plan proposé par leur ami, le Dr Anders Bright, Alicia Finlay et les autres membres du Club des amateurs de romans policiers ont la chance de pouvoir participer à une croisière de luxe.

Le SS Orient, réplique exacte d'un paquebot à vapeur du début XXè qui relie l'Angleterre à l'Australie fait escale à Sydney pour ensuite rejoindre Auckland en Nouvelle-Zélande. L'occasion de passer 4 jours formidables à bord.

Enfin, jusqu'à ce que Cecilia Jollson soit retrouvée morte dans sa cabine. A priori, d'une crise cardiaque.

Mon avis :

Comme le titre le laisse sous-entendre, il y a ici une référence évidente, (un hommage ?) au "Crime de l'Orient Express" d'Agatha Christie. Les protagonistes en sont d'ailleurs des fans inconditionnels.

Cependant, l'histoire se passant sur un bateau de croisière, on est plutôt dans l'ambiance de la série "La Croisière s'amuse" avec les dîners à la table du commandant en robe du soir, les dégustations de cocktails au bar...

Bref, un peu difficile pour moi de me détacher de toutes ces références. Mais bienqu'ayant comme une impression de déjà vu/lu, je l'ai trouvé plutôt divertissant.

A lire idéalement pendant les vacances d'été !

(⚠️ Attention toutefois car dans le dénouement, l'auteure divulgâche l'histoire du "Crime de l'Orient-Express".)

Série Le club des amateurs de romans policiers
Tome 1 : Ils étaient sept
Tome 2 : Le crime du SS Orient
Tome 3 : Meurtres sous les étoiles
Tome 4 : Et il ne furent plus que neuf
Tome 5 : Madame Winter est morte
Tome 6 : Meurtre en famille

*******

Publié chez Pocket en 2024
Éditeur d'origine : Éditions Le Cherche Midi
Titre original : Danger on the SS Orient
Traduit de l'anglais par Tania Capron
Code ISBN : 978-2-266-33750-2

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

14 mai 2025

Une clochette sans battant T3 : No-no-yuri d'Aki Shimazaki

Kyôko est une jeune femme d'une très grande beauté. Agée de 35 ans, elle enchaîne les amants de préférence mariés et qui n'ont surtout aucune envie de divorcer. Pas question pour elle en effet de s'attacher ou encore de s'engager.

Sur le plan professionnel, c'est différent. Elle travaille depuis 13 ans pour une filiale de Anderson, une firme américaine spécialisée dans les cosmétiques. Elle est l'assistante de M. Smith avec qui elle s'entend très bien.

Mais lorsque celui-ci décide de quitter l'entreprise et de retourner aux États-Unis pour mieux s'occuper de sa femme atteinte de sclérose en plaques, elle se fait du souci pour son poste.

Mon avis :

Dans une écriture sobre, épurée voire minimaliste, Aki Shimazaki nous dresse le portrait de Kyoko, une femme indépendante financièrement et libre qui assume ses aventures avec des hommes mariés. On découvre au passage que l'adultère au Japon est une pratique assez répandue et que les épouses bafouées, souvent mères au foyer, préfèrent fermer les yeux.

A 35 ans, elle n'a donc toujours pas fondé de famille au grand désespoir, déshonneur de ses parents prêts à organiser des rencontres pour la caser. Si sur le plan personnel elle dénote, sur le plan professionnel elle est plutôt consensuelle.

Grâce à ses compétences en anglais, son intelligence, son bagage culturel, elle sait en effet se rendre indispensable et surtout faire le trait d'union, trouver le juste milieu entre ces clients japonais imprégnés de traditions bien codifiées et cette entreprise américaine rompue aux lois d'un capitalisme effréné.

Au premier abord, Kyôko m'est apparu antipathique, arrogante ou encore imbue de sa personnalité. Mais au fil de la lecture, on peut comprendre assez aisément son attitude car pour une femme, réussir dans ce monde patriarcal est très difficile et que c'est peut-être le prix à payer si on veut être respectée.

Cycle "Une clochette sans battant"
T1 : Suzuran
T2 : Sémi
T3 : No-No-Yuri
T4 : Niré
T5 : Urushi

*******

Publié chez Babel (N°2005) en 2025
Éditeur d'origine : Actes Sud
Code ISBN : 978-2-33020603-1

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

27 avril 2025

Un lundi parfum matcha de Michiko Aoyama

Alors que c'est son jour de congé, Miho, une jeune japonaise de 26 ans se rend quand même au magasin de téléphonie pour lequel elle travaille. Plutôt que de rentrer chez elle, elle préfère flâner dans le centre commercial où elle avait repéré une doudoune. Manque de chance, le vêtement est en rupture de stock.

Elle décide alors de se rendre dans un sanctuaire shinto pour y pratiquer un rite de purification sensé la protéger des mauvais esprits. Non loin de là : le café Marble qui, le lundi jour de sa fermeture, se transforme en Café Matcha.

Mon avis :

Découpé en douze chapitres correspondant aux douze mois de l'année, ce petit livre se déguste avec délectation et pourquoi pas avec une bonne tasse de thé. A chaque fois, une personne se raconte. Et c'est ainsi qu'au mois de janvier, on commence avec Miho.

Ces tranches de vie vous font prendre conscience qu'il suffit d'un petit rien, d'un sourire, d'un contre-temps, d'une rencontre fugace avec un inconnu pour que, tout d'un coup, on voit les choses sous un angle différent et surtout plus positif. L'utilisation systématique du "je" permet au lecteur de s'identifier plus facilement.

Les petits soucis du quotidien, la mauvaise humeur, le poids des traditions ancestrales, soudain, s'envolent comme par enchantement. Et une sensation d'apaisement, de bien-être, de zénitude prend place.

Citation extraite du livre : "Chaque rencontre est le prolongement d'une chaîne ininterrompue d'inconnus".

*******

Publié chez J'ai Lu (N°14311) en 2025
Éditeur d'origine : Éditions Nami
Titre original : Getsuyoubi no matcha cafe
Traduit du japonais par Alice Hureau
Code ISBN : 978-2-290-41119-3

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

21 décembre 2023

Le murder club du jeudi de Richard Osman

Coopers Chase est un village retraite haut de gamme où vivent notamment Joyce une ancienne infirmière, Ibrahim un ex-psychiatre et Ron un ancien syndicaliste. A l'initiative d'Elizabeth, une autre résidente, ils participent tous les jeudis à un murder club. Ce passe-temps un peu particulier consiste à essayer de résoudre de vieilles affaires policières.

Jusqu'au jour où les détectives amateurs sont confrontés à un cas bien plus intéressant : l'assassinat de Tony Curran, entrepreneur en construction et associé du directeur, Ian Ventham avec lequel il avait eu récemment des mots.


Mon avis :

Bien que ce livre ait rencontré un vif succès au Royaume-Uni - et c'est sans doute pour cela que je l'avais acheté -, j'ai été un peu déçue.

Je m'attendais en effet à des situations cocasses, des dialogues croquignolesques de la part de cette bande de "petits vieux" et me réjouissais à l'idée qu'ils puissent résoudre cette enquête. Malheureusement, l'humour anglais dont je suis très friande, je le cherche encore.

J'ai trouvé par ailleurs qu'il y avait beaucoup trop de longueurs, trop de personnages secondaires. La multiplication des histoires et des fausses pistes rend, elle aussi, la lecture pénible. J'ai fini par m'y perdre.

*******

Publié chez Le Livre de Poche en 2022 (N°36460)
Éditeur d'origine : JC Lattès
Titre original : The thursday murder club
Traduit de l'anglais par Sophie Alibert
Code ISBN : 978-2-253-19765-1

Note : ♥️♥️🧡🤍🤍

Tous droits réservés

17 décembre 2023

Les enquêtes d'Hannah Swensen T1 : Meurtres et pépites de chocolat de Joanne Fluke

Ron LaSalle, après une déchirure des ligaments lors de son dernier match scolaire, a vu sa carrière de quaterback stopper net. Adieu donc l'intégration dans l'équipe professionnelle des Minnesota Vikings ! Aujourd'hui, il travaille pour la laiterie Cosy Cow comme livreur.

Alors qu'il faisait sa tournée matinale, il se fait tirer dessus. Hannah Swensea le découvre alors mort dans la ruelle derrière son magasin, le Cookie Jar. Quand Bill Todd, shérif adjoint du comté et accessoirement son beau-frère, lui demande son aide, elle est aux anges.


Mon avis :

A l'instar des savoureux cookies qu'Hannah Swensen fabrique, ce livre est une petite douceur qui se dévore avec gloutonnerie au coin du feu, un plaid sur les genoux et une tasse de thé ou café bien chaud.

L'histoire est bien menée et on s'attache facilement à l'héroïne. (Normal, elle passe son temps à offrir des cookies). Par contre, sa mère qui veut à tout prix la marier est agaçante au plus haut point. Quant au shérif Bill, il ne semble pas très futé et bien incapable de résoudre l'énigme sans elle.

Ce qui fait le charme des cosy mysteries c'est justement ces personnages très caricaturaux un peu décalés ou ridicules et ces ambiances feutrées. Maintenant, si vous préférez le sang au sucre, passez votre chemin.


⚠️ A noter qu'à la fin de certains chapitres, nous avons le droit à de délicieuses recettes de cookies. Et en supplément une nouvelle intitulée "Joyeux Noël, Candy".

*******

Publié chez Le Cherche Midi en 2021
Titre original : Chocolate chip cookie murder
Traduit de l'anglais par Florianne Vidal
Code ISBN : 978-2-749-16369-7

♥️♥️♥️🧡🤍

Tous droits réservés

14 décembre 2023

Le gardien invisible de Dolores Redondo

Dans une forêt aux abords d'Elizondo, petite ville du pays basque espagnol, est retrouvé le corps d'une fillette. Il s'agit de Ainhoa Elizasu, douze ans. D'aucuns disent que c'est l'œuvre du Basajun, cette créature mi-homme, mi-animal, considérée comme le gardien protecteur des lieux. Sur la dépouille a été déposé un txantxigorri, un gâteau typique de la région.

Amaia Salazar, inspectrice à Pampelune, est alors envoyée dans sa ville natale pour tenter de démasquer ce tueur en série. C'est l'occasion aussi pour elle de renouer avec sa tante et ses deux sœurs.


Mon avis :

Elizondo est un petit village situé sur la rivière Baztan au Pays Basque espagnol. Il a été créé pour accueillir les pèlerins qui traversaient la chaîne des Pyrénées.

Lorsqu'Amaia Salazar y revient pour mener les investigations, c'est tout un pan obscur de son histoire familiale qui remonte à la surface. Un traumatisme lié à l'enfance jusque là refoulé va en effet resurgir. Le lecteur decouvrira ainsi la raison pour laquelle elle avait fui.

J'ai bien aimé cette atmosphère à la fois sombre, pesante et envoûtante, à la limite du surnaturel, qui règne au cœur de cette intrigue, dûe notamment à l'omniprésence de ces légendes et folklore basques.

Par contre, j'ai trouvé que la vie privée d'Amaia prenait une place trop prépondérante au détriment du déroulement de l'intrigue. Il est clair que certains éléments sont essentiels pour la compréhension du personnage mais peut-être aurait-il été plus judicieux de mieux les distiller tout au long du roman.

Trilogie du Baztán
Tome 1 : Le gardien invisible
Tome 2 : De chair et d'os
Tome 3 : Une offrande à la tempête

*******

Publié chez : Folio Policier (N°752) en 2021
Éditeur d'origine : Éditions Stock
Titre original : El guardián invisible
Traduit de l'espagnol par Marianne Millon
Code ISBN : 978-2-07-290174-4

❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

12 décembre 2023

L'énigme Alexandrie de Steve Berry

Cotton Malone, ex-agent des services secrets américains, s'est désormais installé au Danemark où il a acheté une librairie spécialisée dans les livres rares.

Malheureusement son fils Gary a été enlevé par une mystérieuse organisation autrichienne "La Toison d'or". Celle-ci porte un intérêt tout particulier à la bibliothèque d'Alexandrie. Après qu'elle a été détruite en 50 avant J-C , certains livres dont le contenu pourrait changer la face du monde, auraient été sauvés.

Le Gardien de ces précieux documents s'appelle George Haddad. Malone a soixante douze heures pour retrouver ce Palestinien spécialiste des questions bibliques et le livrer. Sinon ils tueront son fils.


Mon avis :

Tout part de la Bible. Le texte originel aurait été mal traduit et réarrangé au fil du temps. S'appuyant sur quatre ouvrages écrits par Kamal Salibi, Steve Berry part donc de la théorie que la Terre Promise par Dieu à Abraham se situerait ailleurs qu'en Palestine, ce qui remettrait incontestablement en cause la répartition actuelle des territoires entre Israéliens et Palestiniens et ce conflit qui dure depuis si longtemps.

Pour l'intérêt de l'intrigue, l'auteur est allé jusqu'à imaginer que certains livres prouvant sa thèse et devenus ainsi objets de toutes les convoitises auraient été sauvés lors de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie et qu'ils seraient désormais entre les mains de quelques initiés, les Gardiens.

L'histoire est vraiment prenante, passionnante et nous embarque ainsi dans une fabuleuse chasse au trésor semée d'embûches où il faut se méfier de tout le monde. Accompagné de son ex-femme, Cotton Malone - en bon héros américain ! - va évidemment réussir à déjouer tous ces complots, machinations orchestrés par moultes ennemis. Peut-être trop d'ailleurs.

Même si le récit est fluide, que les rebondissements et les cascades invraisemblables s'enchaînent à tout va, j'ai trouvé les passages sur la religion - nécessaires toutefois pour la compréhension des enjeux - très longs et fastidieux.
Pour les fans d'ésotérisme.

*******

Publié chez Pocket (N°13672) en 2010
Editeur d'origine : Le Cherche Midi
Titre original : The Alexandria Link
Traduit de l'anglais par : Françoise Smith
Code ISBN : 978-2-266-18281-2

❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

02 août 2023

Aux prises avec la mort de Peter James

Sur le trajet qui la mène à son rendez-vous chez son podologue, Carly Chase, une avocate, qui n'a pas encore dessaoulé de la veille, évite de justesse un cycliste et va s'encastrer dans la vitrine d'un café.

Le jeune étudiant est alors violemment percuté par une camionnette blanche qui prend aussitôt la fuite et termine écrasé sous les roues du semi-remorque vingt-quatre tonnes de Stuart Ferguson, épuisé par dix-huit heures de conduite.

Ce qui apparaît comme un dramatique concours de circonstances va se transformer en un désir de vengeance car la victime, Tony Revere, n'est autre que le petit-fils de Sal Giordino, le parrain de la mafia new-yorkaise.


Mon avis :

C'est le quatrième roman que je lis de Peter James. On y retrouve l'inspecteur Roy Grace dont la femme Sandy a disparu il y a dix ans et qui vit aujourd'hui avec Cléo la légiste. Bienque l'histoire commence très fort avec cette scène d'accident hyperréaliste et qu'elle finisse avec cette poursuite spectaculaire, j'ai trouvé que tout le reste était un peu en deçà.

Dès le début, le lecteur sait qui est le tueur et son commanditaire. L'intrigue ne repose donc que sur une course contre la montre et cette question essentielle : la police arrivera-t-elle à coincer l'assassin avant qu'il n'élimine tout le monde ?

Etant donné les pratiques utilisées par ce tueur, j'ai tout de même éprouvé un peu de compassion pour les protagonistes de l'accident et notamment pour Carly, cette mère de famille. Celle-ci va jusqu'à se sentir responsable, culpabiliser alors qu'elle n'est au final pour rien dans cette tragédie. Malheureusement, j'aurais aimé que l'histoire soit un peu plus angoissante.

*******

Publié chez Pocket (N°15847) en 2014
Code ISBN : 978-2-266-24636-1
Titre original : Dead man's grip
Traduit de l'anglais par Raphaëlle Dedourge

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

06 mars 2023

Lire les morts de Jacob Ross

Mickael "Digger" Digson est témoin du passage à tabac d'un jeune écolier. Au lieu de faire comme s'il n'avait rien vu et de s'enfuir, il se penche sur la victime pour lui porter assistance. Malheureusement le garçon est mort. Il est alors interpellé par la police.

Comme la précision de son témoignage a permis l'arrestation des coupables, le commissaire Chilman lui propose alors d'intégrer son équipe. Après quelques hésitations, il finit par accepter car il pourra ainsi en parallèle enquêter sur la mort de sa mère en 1969.

Deux ans après son entrée dans les forces de l'ordre, Digger est envoyé en Angleterre pour suivre une formation en sciences forensiques et être désormais apte à "lire les morts". A son retour Chilman est parti à la retraite. Celui-ci lui confie le dossier de Nathan qui le hante depuis longtemps et toujours non résolu. Il lui demande par ailleurs d'engager Melle Stanislaus pour l'aider.

Leurs investigations vont bientôt les mener à l'église baptiste spirituelle des Enfants de la Licorne, dirigée par le révérend Bello, guérisseur et devin.


Mon avis :

L'histoire se déroule sur l'île imaginaire de Camaho grandement inspirée de la Grenade dont Jacob Ross est originaire.

Derrière ce cadre paradisiaque où les effluves de rhum vous titillent les narines à tous les coins de rue, se cachent des réalités bien plus sordides. En effet, la société que Jacob Ross nous dépeint est empreinte de misère, de tensions sociales, de corruption. A cela s'ajoutent aussi le poids d'un passé colonial, l'emprise de l'église sur les habitants, la violence envers les femmes...

Le livre est donc très intéressant de ce point de vue sociologique. Par contre, au niveau de l'intrigue policière, j'ai été un peu déçue. Plusieurs enquêtes sont menées à la fois. On perd facilement le fil d'autant plus que ces enquêtes sont entrecoupées d'histoires personnelles.

Concernant l'écriture : une note du traducteur nous explique que l'auteur a fait la part belle dans les dialogues au créole anglais et que, dans la version française, le défi a donc été de restituer ces propos intraduisibles littéralement grâce à différents procédés. Je ne sais pas si l'esprit original du roman a été entièrement respecté, toujours est-il que l'utilisation de créole guadeloupéen / martiniquais répond bien à ce souci d'authenticité voulu par l'auteur. Sur le coup, cela peut déstabiliser mais on s'y habitue très vite et la lecture reste tout à fait compréhensible.

Un roman à découvrir surtout pour son ambiance tropicale pas aussi idyllique.

*******

Publié chez 10/18 (N°5713) en 2021
Éditeur d'origine : Sonatine Éditions
Titre original : The bone readers
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Code ISBN : 978-2-264-07749-3

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

03 mars 2023

No country for old men de Cormac McCarthy

4H du matin à la frontière entre le Texas et le Mexique.
Alors que Llewelyn Moss, ancien soldat aujourd'hui soudeur, part chasser l'antilope, il tombe sur une scène de carnage. Des véhicules ont été criblés de balles par des armes automatiques et des cadavres jonchent le sol. Bref, tout laisse penser à un règlement de comptes entre narcotrafiquants. D'ailleurs, en fouillant les lieux, il découvre des paquets de drogue et surtout une malette pleine de billets de cents dollars qu'il s'empresse de prendre.

En volant cet argent Moss a parfaitement conscience qu'il va se mettre à dos des gens peu recommandables. Et notamment Anton Chigurh, un tueur psychopathe que rien ne peut arrêter. Commence alors une incroyable chasse à l'homme dans laquelle le shérif Bell vieillissant, se retrouve complètement dépassé par les évènements.


Mon avis:

"No country for old men" est un road movie ultra violent. De ce paysage de désolation aux motels miteux, ça dégaine à tout va, ça pisse le sang. Et je vous épargne les scènes où Chigurg se sert d'un pistolet à air comprimé d'abattoir qui vous fait un joli petit trou au milieu du front.

La mission de ce tueur est de récupérer l'argent à tout prix. Peu importent les obstacles, les dommages collatéraux, il trace sa route. C'est un personnage froid, énigmatique, une sorte d'ange de la mort dénué de compassion qui parfois laisse le destin se décider à pile ou face. Autant vous dire qu'il vaut mieux tomber sur le bon côté de la pièce. On ne sait pas vraiment d'où il vient, pour qui il travaille. Une chose est sûre : à la fin, il n'en restera qu'un.

Le shérif Bell, lui, est impuissant face à ce déferlement de violence où l'utilisation d'armes est prépondérante. Il ne peut que constater les dégâts et nous faire part de son ressenti sur l'évolution de cette société qu'il ne reconnaît plus. Il en profite aussi pour revenir sur un évènement du passé qui le hante.

Aux descriptions hyper-réalistes, Cormac McCarthy propose une écriture brute, épurée. L'absence de tirets cadratins pour les dialogues peut rendre toutefois la lecture difficile.

⚠️ Attention ! Certaines scènes peuvent heurter les âmes sensibles.

*******

Publié chez Points (P1829) en 2009
Éditeur d'origine : Éditions de l'Olivier
Titre original : No country for old men
Traduit de l'anglais par François Hirsch
Code ISBN : 978-2-757-80722-4

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Accueil

Tous droits réservés

30 janvier 2023

Crime et délice de Jonathan Kellermann

Katherine Belle Hennepin, 33 ans, comptable dans un petit cabinet à Los Angeles est retrouvée étranglée et poignardée dans son appartement. Les soupçons se tournent tout de suite vers son ex, Darius Keffler, un cuisinier. Sauf que celui-ci a un alibi : il tournait à New-York le pilote de "Mega-Chef", une émission de télé-réalité qui finalement ne verra pas le jour.

Deux mois plus tard, Ursula Corey, une riche femme d'affaires de 47 ans, est tuée par balles dans un parking souterrain alors qu'elle venait de rencontrer son avocat, Maître Grant Fellinger, pour régler le différend concernant son divorce.

A priori, rien ne relie les deux victimes et pourtant, en étudiant les scènes de crime, le lieutenant Milo Sturgis et le psychiatre Alex Delaware vont en arriver à la conclusion qu'elles ont bien été assassinées par la même personne. Il ne reste plus qu'à savoir par qui et pourquoi.


Mon avis :

"Crime et délice" est la 30ème enquête du duo Sturgis / Delaware. L'idée de la police qui fait appel à un consultant extérieur n'est pas nouvelle. Mais contrairement à d'autres séries où les deux acolytes passent leur temps à s'affronter, se détester, rivaliser, ici ils ont plutôt l'air de bien s'entendre. A travers le personnage d'Alex Delaware, l'histoire prend une forte dimension psychologique.

Malheureusement, même si le roman est agréable à lire, je ne l'ai cependant pas trouvé spécialement original. Car une fois de plus, j'ai eu l'impression de visionner une de ces séries télé américaines standard qui vous fait gentillement passer le temps mais qu'on oublie assez rapidement.

Je ne connaissais pas du tout Jonathan Kellermann. Et franchement je ne sais pas si je me laisserai tenter un jour par un autre roman tellement j'ai peur qu'ils ne se ressemblent tous.

A conseiller avant tout aux fans de Harlan Coben, Lindwood Barclay qui y trouveront sûrement leur compte.

*******

Publié chez Points en 2020
Code ISBN : 978-2-757-87917-7
Titre original : Motive
Traduit de l'anglais par Frédéric Grellier

Site de l'auteur : https://www.jonathankellerman.com

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

21 octobre 2022

Une voisine encombrante de Shari Lapena

Lorsque sa femme, sensée passer le weekend chez son amie Caroline, ne rentre pas, Robert Pierce va aussitôt déclarer sa disparition au commissariat qui ne le prend pas trop au sérieux. Mais quelques semaines plus tard, la voiture d'Amanda est repêchée au fond du lac, son corps enfermé dans le coffre. Tout le voisinage est alors persuadé que c'est le mari le coupable. Mais l'est-il réellement ? Car d'autres personnes avaient, elles aussi, de bonnes raisons pour l'éliminer.

Pendant ce temps-là, Olivia Sharpe découvre que son fils est entré par effraction la nuit chez certains voisins. Raleigh jure n'avoir rien volé mais juste fouillé dans les ordinateurs. La mère de famille, qui avait décidé alors de leur envoyer une lettre d'excuse anonyme, n'est pas rassurée après le meurtre. L'une des maisons visitées appartient en effet aux Pierce.


Mon avis :

Cette banlieue chic où il fait a priori bon vivre m'a tout de suite fait penser à la série "Desperate Housewives". Car derrière ces apparences de bon voisinage, ici aussi tout n'est que commérages, rumeurs, mensonges, infidélités et faux-semblants.

Avec le meurtre d'Amanda Pierce et les violations de propriété de Raleigh, la petite vie bien paisible à Aylesford va rapidement voler en éclats. Les secrets jusque-là bien cachés vont être progressivement dévoilés par les différents protagonistes. Les uns et les autres vont être ainsi tour à tour soupçonnés du crime.

Même si l'auteure réussit à nous envoyer sur plusieurs fausses pistes et à entretenir le suspense jusqu'au bout, j'ai trouvé néanmoins que le style d'écriture, les descriptions étaient assez sommaires, minimalistes. Dommage car c'est plutôt un bon roman.

*******

Publié chez Pocket (N°01859) en 2022
Code ISBN : 978-2-266-32385-7
Titre original : Someone we know
Traduit de l'anglais par : Valérie Le Plouhinec

Site de l'auteur : https://sharilapena.com

Note : ❤️❤️❤️🧡🤍

Tous droits réservés

19 juillet 2022

Derniers sacrements de M.J Arlidge

Quand, à Chicago, Jacob Jones bouscule Kassandra Wojcek, il est loin de se douter que son destin va bientôt être scellé. La jeune fille de 15 ans qui a des dons de prémonition, a en effet vu dans son regard sa mort prochaine. Elle essaie de le prévenir mais à cause de son comportement hystérique, elle est arrêtée.

Assistée par Adam Brandt, un psychologue, elle tente de s'expliquer mais la police ne semble pas la croire. Pire, elle va même jusqu'à la soupçonner lorsque l'homme est assassiné de façon très violente.

Pour l'inspectrice Gabrielle Grey, il ne fait aucun doute que cette adolescente au casier déjà bien chargé, est complice du tueur.


Mon avis :

Ce roman m'a tout de suite fait penser à "Dead zone" de Stephen King que j'avais lu, il y très très longtemps. Le héros, après un accident qui le plonge dans le coma pendant quelques années, se réveille avec la capacité de deviner l'avenir de quelqu'un rien qu'en le touchant. Doit-on alors garder pour soi ce que l'on "voit" ou prévenir la personne concernée ? Peut-on changer LE destin ? Don, fardeau ou malédiction, la question était déjà posée. M.J Arlidge n'a donc rien inventé concernant ce thème.

Même si l'histoire se lit facilement, que l'écriture est plaisante, qu'on éprouve de l'empathie pour Kassie, j'ai eu toutefois un gros souci avec ce roman. L'enquête se focalise en effet essentiellement sur cette adolescente et ses visions. Ce n'est pas tant l'aspect paranormal qui m'a dérangée mais plutôt l'attitude de l'inspectrice. Celle-ci est tellement persuadée de l'implication de Kassie dans les meurtres qu'elle ne cherche même pas d'autres pistes.

Certes, l'adolescente connaissait vaguement les victimes et il est normal qu'elle s'intéresse à son cas. Mais s'accrocher uniquement à ce lien si ténu, ce n'est pas vraiment très professionnel ! Il faut attendre à peu près le dernier tiers du livre pour qu'enfin elle décide de diriger son enquête dans une autre direction et qu'enfin celle-ci décolle.

⚠️ Attention ! Certaines scènes peuvent heurter les âmes sensibles.

*******

Publié chez 10/18 en 2020 (N°5580)
Titre original : A gift for dying
Traduit de l'anglais par Séverine Quelet
Code ISBN : 978-2-264-07662-5

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

04 juin 2022

Tempête à Cape Cod de Carol Higgins Clark

Cela fait un an tout juste que Regan et Jack Reilly sont mariés. Pour l'occasion, le couple a décidé de délaisser ses activités professionnelles à New-York pour un weekend en amoureux à Cape Cod. Malheureusement, leur séjour va être perturbé par différents événements.

Tout d'abord, ils se retrouvent à héberger les sœurs Brewer, Fran et Ginny, qui habitent la maison d'à côté. Car à cause de la tempête, une branche d'arbre s'est cassée et a demoli la fenêtre de leur façade.

Ensuite, Adele Hopkings, une discrète retraitée, qui vient d'emménager dans la région, a été emportée par les vagues. Sa disparition va susciter un vif emoi et le couple Reilly va tout mettre en œuvre pour retrouver sa famille.


Mon avis :

Ce roman sans prise de tête est certes très plaisant à lire mais cela ne suffit pas pour en faire un bon roman. Il semblerait que pour "Tempête sur Cape Cod" Carol Higgins Clark ait manqué un peu d'inspiration, d'imagination.

J'ai trouvé en effet que l'intrigue était assez faiblarde, pas assez travaillée, pas assez structurée. Certains passages m'ont semblé par ailleurs superflus.

Le style est plat, sans relief. Quant à l'aspect vaudevillesque, qui m'avait beaucoup plu et fait rire dans "Irish coffee", il est ici tout simplement complètement raté. Bref, un peu décevant.

*******

Publié chez Le Livre de Poche en 2013
Titre original : Wrecked
Traduit de l'anglais par Béatrice Taupeau
Code ISBN : 978-2-253-17376-2

Site de l'auteure : www.carolhigginsclark.net

Note : ♥️♥️🧡🤍🤍

Tous droits réservés

28 mai 2022

Nécrologie de Paul Cleave

La vie de Theodore Tate a complètement basculé, il y a deux ans, lorsque sa femme et sa fille de six ans ont été fauchées par un chauffard alcoolisé. Sa femme, qui a réchappé de l'accident, est depuis dans un état catatonique. Ancien flic désormais reconverti en détective privé, il est mandaté pour superviser l'exhumation de Henry Martins, un directeur de banque décédé à la même époque.

Cependant, suite à un glissement de terrain dû à des pluies torrentielles, trois corps remontent à la surface du lac qui jouxte le cimetière de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Bruce Alderman, le gardien prend alors la fuite à bord d'une camionnette.

Dans le cercueil déterré, on découvre par ailleurs le cadavre d'une jeune femme à la place du banquier. Tate décide de mener sa propre enquête et grâce à une inscription sur la bague de la victime, il parvient à découvrir son identité.


Mon avis :

Cette sordide intrigue se déroule essentiellement autour de ce cimetière et plus particulièrement autour du père Julian qui adore visiblement cultiver les secrets et pas seulement ceux entendus en confession.

Theodore Tate (le narrateur), brisé par un drame familial, est devenu un homme tourmenté, désabusé, capable de franchir la ligne rouge. Lui aussi cache un terrible secret. Il sombre peu à peu dans l'alcool. Le lecteur assiste impuissant à sa déchéance et se perd dans ces errances au risque de décrocher parfois à cause de certaines longueurs.

Cette histoire n'est certes pas facile car elle aborde de douloureux thèmes. Et quelques petites pointes d'humour noir auraient peut-être pu dédramatiser certaines situations. C'est ce qui m'avait d'ailleurs beaucoup plu dans "Un employé modèle" (On notera au passage les petits clins d'œil faits au Boucher dans "Nécrologie"). Malheureusement, je n'ai pas retrouvé ici ce ton caustique qui aurait pu m'arracher quelques sourires en coin.

Avec son premier roman, Paul Cleave avait mis la barre très haut et je m'attendais sûrement à ce qu'il récidive. D'où ma légère déception. Il n'en reste pas moins que le livre est dans son ensemble convenable avec un dénouement surprenant.

*******

Publié chez Le Livre de Poche (N°33230) en 2014
Titre original : Cemetery lake
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Code ISBN : 978-2-253-16499-9

Site de l'auteur : www.paulcleave.com

Note : ♥️♥️♥️🤍🤍

Tous droits réservés

25 avril 2022

L'ombre de la menace de Rachel Caine

Un conducteur ivre vient d'encastrer son 4x4 dans le mur en brique d'un garage. Un simple accident qui va ébranler la petite vie bien tranquille de Gina Royal, une mère au foyer. A peine rentre-t-elle de l'école avec ses enfants, qu'elle est arrêtée. Elle ne comprend pas pourquoi jusqu'à ce que la police lui montre la femme pendue dans le garage. Elle apprendra par la suite que son mari est en réalité un tueur en série qui aime dépecer ses victimes.

Après avoir été acquittée lors de son procès pour complicité, Gina, harcelée et traquée, décide de refaire sa vie ailleurs. Après plusieurs déménagements et changements d'identité, elle s'installe finalement sous le nom de Gwen Proctor, quatre ans plus tard, dans une paisible bourgade du Tennessee.

Alors que la famille commence à se plaire à Stillhouse Lake et envisage sérieusement de s'y poser définitivement, une jeune femme est retrouvée morte dans le lac. Le mode opératoire ressemble étrangement à celui de Melvin Royal. Coïncidence ?


Mon avis :

Dans ce roman, Rachel Caine nous met dans la peau, enfin plutôt dans la tête, de la femme d'un tueur en série. Au fur et à mesure de ses confidences, nous apprenons que cette mère au foyer était en fait sous l'influence de son mari et qu'au final, elle était, elle aussi, une victime collatérale. Malheureusement, elle restera toujours "la femme de" et reconstruire sa vie derrière ça est compliqué.

Bien qu'innocentée, Gina (Gwen) reste malgré tout coupable de complicité aux yeux de certains. Pour eux, ce n'est ni plus ni moins qu'une erreur judiciaire. Comment se peut-il en effet qu'elle n'ait jamais rien su des agissements de Melvin ? Comment a-t-elle bien pu être aussi aveugle ?

A l'heure des réseaux sociaux, elle doit subir des déferlements de haine, d'insultes de la part de trolls. Et c'est sans compter les menaces proférées non seulement par Melvin et ses adeptes mais aussi par des justiciers en tous genres. Face à cela, elle se doit aussi de protéger ses enfants adolescents quitte à être trop exigeante avec eux. Elle ne doit absolument rien négliger, parer à toutes les éventualités car leur sécurité en dépend. Il suffit d'un petit relâchement pour que tout bascule. Et c'est ce qui va d'ailleurs arriver à Gina à un moment donné.

L'auteure a très bien su retranscrire une atmosphère angoissante, instaurer un climat de peur permanente à la limite de la paranoïa. La vigilance, la méfiance, l'instinct de survie sont constamment de rigueur. C'est tellement flippant qu'on en arrive à soupçonner tout le monde, à sursauter au moindre bruit suspect.

Ce thriller psychologique dont la fin suggère une suite est très bien mené et l'idée de raconter l'histoire du point de vue de cette femme est plutôt originale. Il est vrai qu'on ne pense pas forcément aux familles de ces monstres sur lesquelles l'opprobre a été jeté et dont la vie, elle aussi, a été bouleversée.

*****

Publié chez Archipoche en 2020
Titre original : Stillhouse Lake
Traduit de l'anglais par Sebastian Danchin
Code ISBN : 978-2-377-3549-9

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

23 mars 2022

Crains le pire de Linwood Barclay

Tim Blake, divorcé, est vendeur dans une concession automobile à Milford. Un soir, alors que sa fille de 17 ans n'est toujours pas rentrée, il se rend à l'hôtel où elle travaille depuis deux semaines.

Mais là, le personnel lui rétorque qu'ils n'ont jamais vu Sydney. Comment est-ce possible ? Pourquoi lui aurait-elle menti sur son job ? Dans quel guêpier a-t-elle bien pu se fourrer ?

Tim, déterminé à retrouver sa fille coûte que coûte, multiplie les démarches, créé un site internet. C'est alors qu'une certaine Yolanda Mills le contacte. Celle-ci, bénévole dans un foyer pour ados à Seattle, affirme qu'elle y a vu Sydney et lui envoie même une photo.


Mon avis :

Avec la narration à la première personne du singulier, le lecteur se met facilement dans la peau de ce père dévoué à qui il va arriver beaucoup de péripéties. On pourra d'ailleurs reprocher au héros de vouloir faire cavalier seul dans cette quête effrénée de la vérité.

J'ai trouvé le style de l'écriture certes efficace car il sait nous tenir suffisamment en haleine mais plutôt fade au point de vue des émotions. J'aurais aimé, en effet, ressentir plus d'inquiétude ou de peur de la part de Tim Blake surtout à partir du moment où la thèse de la simple fugue est écartée et que désormais il a affaire à des gens peu scrupuleux.

On notera aussi quelques scènes d'action très spectaculaires qui vont venir pimenter cette histoire somme toute banale et faire ainsi oublier quelques longueurs ou fausses pistes inintéressantes.

Pour conclure, je dirai que cela ressemble beaucoup à du Harlan Coben. Si vous êtes fan de cet auteur, vous pourrez alors sûrement être séduit par Linwood Barclay.

*******

Publié chez J'ai Lu (N°10154) en 2013
Titre original : Fear the worst
Traduit de l'anglais par Marieke Merand-Surtel
Code ISBN : 978-2-290-05784-1

Site de l'auteur :www.linwoodbarclay.com

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés

20 février 2022

Une Mercedes blanche avec des ailerons de James Hawes

Le narrateur, 28 ans, vit dans une cabane à outils aménagée au fond du jardin de sa sœur. Il travaille en intérim sous une fausse identité histoire de pouvoir continuer à toucher ses allocations chômage. Un jour, on lui propose de convoyer des fonds pour la plus grande banque privée de Londres.

De là va naître cette idée saugrenue de braquer cette banque. Avec sa bande d'amis (Chicho, Brady et Suzy), il décide d'échafauder un plan qui sera, selon lui, tellement génial que personne ne sera pris.


Mon avis :

Cette histoire de bras cassés avait tout pour me plaire. Je m'attendais à être témoin d'un braquage hyper bien planifié mais qui, au final, pour X ou Y raison, foire complètement et qui m'aurait donc entraînée dans une cascade d'aventures rocambolesques, pleine de quiproquos. Un peu à la Tom Sharpe, quoi!

Mais au lieu de cela, le narrateur s'égare dans les méandres de sa vie. Qu'il nous expose le contexte socio-économique, qu'il nous explique comment il a rencontré ses comparses, comment lui est venue l'idée de ce braquage, quel est le plan, c'est logique. Mais qu'il s'étale par exemple sur sa relation avec Suzy, je n'en vois pas honnêtement la nécessité. Et des digressions dans le genre inutile, je pourrais vous en citer beaucoup d'autres.

Quant au plan génial dont il nous rebat les oreilles depuis le début, le lecteur l'attend désespérément, sans oublier le braquage. A la longue, cela en devient tellement pénible que j'ai plus d'une fois eu envie de laisser tomber ma lecture.

Concernant le style de l'auteur, je l'ai trouvé très lourd. Les phrases sont excessivement longues, ennuyeuses et de surcroît entrecoupées de parenthèses souvent superflues. Quelques points à la place de certaines virgules, quelques retours à la ligne, auraient indéniablement aéré le texte.

Il y a aussi quelques passages vulgaires, grossiers dont je vous épargnerai les termes. Non pas que cela m'écorcherait la bouche de les dire mais je ne voudrais surtout pas faire saigner les yeux de certains. Je m'attendais, par ailleurs, à ce que ce soit drôle mais ce n'est pas le cas.

Pour conclure, je dirais que cette lecture a été vraiment fastidieuse.

*******

Publié chez Éditions Points (N° P2175) en 2009
Titre original : A white Merc with fins
Traduit de l'anglais par Olivier Deparis
Code ISBN : 978-2-757-8137-8

Note : ❤️❤️🤍🤍🤍

Tous droits réservés

08 décembre 2021

Mortel secret de Carlene Thompson

Il y a huit ans, le père de Teresa Farr et Wendy, sa belle-mère étaient sauvagement assassinés, sa demi-sœur de huit ans Celeste grièvement blessée. Elle, avait été épargnée. Ce qui lui avait valu d'être suspectée jusqu'à ce que Roscoe Lee Byrnes, un tueur en série, avoue les meurtres.

Aujourd'hui, alors qu'il va être exécuté, celui-ci revient sur ses confessions. Dernier pied de nez pour faire parler de lui jusqu'au bout ? Ou dit-il la vérité ? Dans ce cas qui est donc le coupable ? Et qui a déposé ce mot sur le pare-brise de Teresa ? Et cette lampe de chevet qui appartenait à Celeste, d'où sort-elle ?


Mon avis :

Une héroïne, jeune et jolie, confrontée à un passé douloureux qu'elle croyait loin derrière elle mais qui refait surface tout d'un coup à cause de la révélation de Roscoe Lee Byrnes, des secrets bien gardés jusqu'ici qui vont être révélés petit à petit pour nous mener enfin à la vérité, une bonne dose de vengeance... Admettez que ça ressemble beaucoup à une histoire de Mary Higgins Clark (voir Rien ne vaut la douceur du foyer). Le style de Carlene Thompson et sa façon de tenir en haleine le lecteur sont d'ailleurs dans la même veine.

En conclusion, si vous êtes fan de Mary Higgins Clark, vous adorerez sans aucun doute Carlene Thompson.

*******

Paru chez Folio (N°592) en 2010
Titre original : If you ever tell
Traduit de l'anglais par Emma Talent
Code ISBN : 978-2-070-42893-9

Note : ❤️❤️❤️🤍🤍

Tous droits réservés